Lille: Un chantier de réhabilitation de logements sociaux qui se passe mal

LOGEMENT Les locataires dénoncent les malfaçons d'un chantier de réhabilitation, le bailleur social parle d'embellissement...

Gilles Durand

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Après travaux, dans la résidence Fontaine Del Saulx, à Lille.
Après travaux, dans la résidence Fontaine Del Saulx, à Lille. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le bailleur social LMH a engagé, depuis plus d’un an, un chantier de réhabilitation d’une résidence HLM à Lille.
  • Un tiers des locataires se plaignent d’avoir à refaire des travaux que le bailleur social ne veut pas prendre à sa charge.
  • Une association de défense des locataires CLCV dénonce l’improvisation des travaux.

La réhabilitation d’une HLM ne fait pas que des heureux. Environ un tiers des 132 locataires de la résidence Fontaine Del Saulx à Lille dresse un constat amer d’un chantier de réhabilitation en milieu occupé qui a duré plus d’un an et doit se terminer en fin de semaine.

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« Je fais du camping depuis le mois de novembre et après, mon loyer va augmenter », déplore l’une d’elles. L’association de défense de locataires CLCV de Lille a pris le dossier en main et tiré la sonnette d’alarme. « Il y a eu beaucoup d’improvisation et la spécificité des vieilles maisons n’a pas été prise en compte », dénonce Xavier Guillet de CLCV.

Embellissement ou remise en état ?

Le principal point de désaccord porte sur le refus du bailleur social LMH de prendre en charge certaines remises en état après travaux. LMH considère que certains travaux de finition s’apparentent à de « l’embellissement ». « Par exemple, des radiateurs ont été changés. Ils sont plus petits. Il n’est pas prévu dans la réhabilitation de refaire la peinture ou la tapisserie », explique LMH qui précise que « ces travaux, environ 50.000 euros par logement, doivent permettre d’améliorer les conditions de vie ».

En attendant, une quarantaine de locataires a fait part de ses doléances : en vrac, des tuyaux de gaz pas tout à fait droits, un escalier qui tient avec un bardage ou encore des trous dans les murs ou les plafonds…

Problème de moisissures

« L’entreprise en charge du chantier, Rabot Dutilleul, admet des manquements et s’est engagée à finir correctement les travaux », souligne le bailleur social LMH. Mais lesquels ? Une locataire qui avait refait sa chambre à neuf il y a sept ans doit tout recommencer. « C’est une incitation à ne pas entretenir son logement », regrette-t-elle.

« D’autant que le problème des moisissures n’a pas été traité », renchérit L. N. qui a déniché onze dégâts des eaux durant le chantier. « C’est la troisième réhabilitation que je connais depuis 45 ans. C’était un vrai cirque. Les ouvriers ont découvert sur place ce qu’ils devaient faire et ça a duré plus longtemps que prévu », témoigne une sexagénaire.

Car un autre malentendu est venu se greffer concernant la durée des travaux dans chaque logement. « Nous avions informé les locataires que les travaux dureraient entre 25 et 30 jours, mais en discontinue », précise LMH. Traduction, ils ont duré plus de 3 mois, avec des pauses, pour certains locataires.