VIDEO. Lille: Ce qui risque de changer si on trouve un nouveau vaccin contre la tuberculose

SANTE Les recherches engagées par l’Institut Pasteur de Lille autour du BCG pourrait rendre le vaccin plus efficace…

Gilles Durand

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Illustration d'une vaccination.
Illustration d'une vaccination. — M. Libert / 20 Minutes
  • L’Institut Pasteur de Lille vient de mettre à jour les souches originelles bactériennes qui ont servi à fabriquer le vaccin du BCG contre la tuberculose.
  • Le BCG n’est plus obligatoire depuis 2007.
  • Les recherches s’engagent dans un contexte de défiance contre la vaccination obligatoire.

La journée mondiale de la tuberculose, samedi, va s’ouvrir sur un nouvel espoir : l’éventuelle élaboration d’un nouveau vaccin à partir des souches originelles du BCG. Des chercheurs de l’Institut Pasteur de Lille ont, en effet, rouvert, jeudi, des tubes contenant les restes de cultures bactériennes étudiées il y a une centaine d’années par Albert Calmette et Camille Guérin, les deux inventeurs du BCG.

Actuellement, ce vaccin du BCG, qui n’est plus obligatoire en France depuis 2007, se limite à la protection contre les formes les plus mortelles de la tuberculose. Par exemple, il ne protège pas contre les tuberculoses pulmonaires qui sont les formes les plus contagieuses de la maladie. Une équipe de Pasteur, dirigée par le docteur Camille Locht, travaille déjà à la mise au point d’un vaccin de rappel qui permettrait de prolonger l’efficacité du BCG.

Beaucoup plus de morts que la rougeole

Un BCG qui ne figure pas parmi les onze vaccins obligatoires soumis aux nouveau-nés depuis le 1er janvier 2018. Or, la tuberculose tue encore environ 900 personnes par an quand, par exemple, la rougeole -contre laquelle la vaccination est devenue obligatoire et dont on a beaucoup parlé- a provoqué 21 décès en dix ans.

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« La stratégie mise en œuvre est une vaccination ciblée pour les enfants à risque élevé de tuberculose, c’est-à-dire en lien avec un pays où la tuberculose est endémique », précise l’Agence régionale de santé (ARS). Néanmoins, des enquêtes montrent une couverture vaccinale insuffisante, à laquelle s’ajoute l’inquiétude concernant l'approvisionnement en vaccins.

Un nouveau BCG obligatoire ?

La donne pourrait changer avec les nouvelles recherches qui sont menées. De nouvelles perspectives risquent de s’ouvrir pour les laboratoires pharmaceutiques. Le BCG nouvelle version, censé être plus efficace que l’actuel, deviendra-t-il obligatoire lui aussi ? Jusqu’alors, c’était un vaccin peu cher (11 euros). Le restera-t-il ?

Reste que ces recherches scientifiques s’inscrivent dans un contexte de défiance concernant la vaccination en France. L’Union nationale des associations citoyennes de santé (UNACS) vient d’ailleurs de saisir la justice pour contester l’opacité qui règne autour des vaccins et de leurs adjuvants.