VIDEO. Lille: Vers des traitements plus efficaces contre la tuberculose ?

SANTE L'Institut Pasteur de Lille a rouvert, jeudi, des flacons contenant les souches originelles du BCG, vieilles dune centaine d'années...

Gilles Durand

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Le docteur Philip Supply procède au prélèvement des souches originelles du BCG.
Le docteur Philip Supply procède au prélèvement des souches originelles du BCG. — G. Durand / 20 Minutes
  • Près de cent ans après la découverte du vaccin BCG, l’Institut Pasteur de Lille a rouvert les tubes contenant les souches originelles pour effecteur de nouvelles recherches.
  • La tuberculose tue environ 1,7 million de personnes par an dans le monde.
  • Les recherches de l’Institut Pasteur ont pour but d'élaborer un nouveau vaccin et un nouvel antibiotique.

En 1921, Albert Calmette et Camille Guérin découvraient, à Lille, le BCG (bacille Billié de Calmette et Guérin), un vaccin contre la tuberculose. Les souches originelles qui ont permis d’élaborer ce vaccin sont à nouveau sous les feux de l’actualité. Presque cent ans plus tard, une équipe de chercheurs a procédé, jeudi, à l’ouverture de trois des six flacons d’origine toujours conservées par l'Institut Pasteur de Lille. Avec l’espoir d’améliorer les traitements contre la tuberculose.

Une maladie qui tue encore. Un siècle après son invention, le BCG est le vaccin le plus administré au monde car la tuberculose reste une maladie qui provoque davantage de ravages que le sida et la malaria : 1,7 million de morts en 2016. En France, on en déplore environ 900 par an, même si le taux de déclaration pour 100.000 habitants baisse chaque année, passant de 60,3 en 1972 à 7 en 2015.

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Déterminer les mutations du bacille de Koch. Le groupe de recherche de Philip Supply, directeur au CNRS et à l’Institut Pasteur de Lille, doit procéder à l’analyse génétique des souches originelles du BCG grâce aux cultures bactériennes restantes. « Ces souches correspondent à différentes étapes de cultures qui ont sans doute mené à l’élaboration du premier vaccin antituberculeux », explique Philip Supply. Ces recherches représentent une opportunité unique pour identifier les mutations au cours du temps du bacille de Koch, la bactérie responsable de la tuberculose.

Le professeur Albert Calmette, coinventeur du BCG en 1921.
Le professeur Albert Calmette, coinventeur du BCG en 1921. - Institut Pasteur de Lille

Vers un nouveau vaccin ? L’objectif des recherches fondamentales de Pasteur est de pouvoir reconstituer un vaccin plus proche du vaccin originel, donc potentiellement plus protecteur contre la tuberculose. Les chercheurs espèrent aussi pouvoir améliorer l’efficacité des antibiotiques : en 2016, 500.000 personnes dans le monde ont contracté une tuberculose multirésistante. Lors d’une conférence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la tuberculose, l’an dernier, à Moscou, il a été convenu de tenter d’éradiquer cette maladie d’ici à 2030.