Lille: Les étudiants ont peur de sortir le soir dans certains quartiers

SOCIETE La Fédération des associations étudiantes de Lille a dévoilé une étude édifiante sur le sentiment d’insécurité chez les étudiants…

Mikael Libert

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La rue Massena à Lille.
La rue Massena à Lille. — M.Libert/20 Minutes
  • Près de 4.000 étudiants ont été interrogés sur une population de 100.000.
  • Le thème principal était le sentiment d’insécurité lors des sorties le soir à Lille.
  • Sans surprise, le quartier Masséna-Solférino a été montré du doigt.

« J’y vais mais j’ai peur ». La fédération des associations étudiantes de Lille (Fael) a publié, samedi, les résultats de sa grande enquête « vie nocturne ». L’idée n’était pas de dresser le palmarès des meilleurs bars mais de faire un « état des lieux du ressenti des étudiants », notamment sur la question de l’insécurité.

Sans être un infâme coupe-gorge, il n’est pas inapproprié de dire que le quartier Masséna-Solférino fait souvent parler de lui pour les mauvaises raisons. Les agressions de jeunes, le week-end en fin de soirée, ne sont pas rares. Vols à la tire, à la danse, roulottage… « Nous avons donc voulu mettre des chiffres sur ce qui n’était que des mots », affirme la Fael.

Un très large échantillon

Sur les plus de 100.000 étudiants que compte la métropole lilloise, près de 4.000 ont été interrogés. Un échantillon très large au vu de ce qui se fait dans le milieu du sondage. Selon les chiffres, le profil type qui se dégage est une femme en Droit habitant à Vauban qui sort à pied dans les bars deux fois par semaine.

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Le quartier de prédilection pour sortir est Masséna-Solférino pour 80 % des sondés. C’est d’ailleurs là que 43 % d’entre eux se sentent « souvent en insécurité ». Ce même quartier arrive aussi en tête en pourcentage de victimes d’agressions (15 %), de témoins d’agressions (21 %) et de personnes souvent victimes de harcèlement de rue (35 %).

Pour autant, des quartiers comme Wazemmes et Porte-des-postes « souffrent de leur réputation », selon Claire Pinçon, universitaire en bio-statistiques qui a travaillé sur cette étude : « Le cas de Wazemmes est éloquent quand 25 % des personnes interrogées craignent d’être victimes d’agression alors que seulement 5 % assurent avoir été agressées ».

La police ne satisfait pas

Autre fait notable, les étudiants sont globalement mécontents de l’action des forces de l’ordre. Sur les 3.675 étudiants interrogés, ils sont 74 % à se déclarer insatisfaits de la présence policière nocturne. Et sur les 889 qui ont été victimes d’agression, 78 % n’ont pas déposé de plainte, pensant que ce serait inutile.

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Entre autres solutions, la Fael préconise de proposer une « guide du fêtard » pour informer les étudiants sur les bonnes pratiques et l’intensification de la présence policière sur le quartier Masséna-Solférino.