Lille : «Il y a toujours un espace politique pour nous» assurent les militants PS mobilisés pour l’élection du 1er secrétaire

POLITIQUE Les militants qui restent au PS espèrent des jours meilleurs...

Gilles Durand

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A la Fédération du Nord du PS, à Lille.
A la Fédération du Nord du PS, à Lille. — G. Durand / 20 Minutes
  • Les militants socialistes doivent élire ce jeudi leur premier secrétaire national parmi quatre candidats au premier tour.
  • A Lille, Olivier Faure part favori.
  • Deux bureaux de vote étaient installés à la fédération PS du Nord. Les militants oscillent entre amertume et espoir.

Rue Lyderic, 17 h 45, ce jeudi soir. A Lille, le bureau de vote de la Fédération PS du Nord a ouvert ses portes depuis 45 minutes pour ce premier tour d’élection du premier secrétaire du parti. Il doit fermer à 22h.

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Ici, ce sont les sections socialistes du centre-ville de Lille et de Fives qui doivent voter. En tout, environ 160 militants. « Pour l’instant, on est à une vingtaine de votants », glisse Mehdi qui espère qu’un maximum de monde va se mobiliser. « C’est quand même l’avenir du parti qui se joue », note-t-il.

« On a déjà connu ça entre 90 et 93 »

A Lille, le candidat favori, c’est Olivier Faure, choisi par Martine Aubry, la maire (PS) de Lille. Audrey Linkenheld, conseillère municipale lilloise assume ce choix. « J’ai été députée cinq ans avec Olivier, je le connais bien », explique-t-elle. Mais au-delà du résultat, c’est l’ambiance de ces élections qui préoccupe.

Liliane et Joël ont chacun 48 et 51 ans de militantisme au compteur. « La situation est difficile mais on a déjà connu ça entre 90 et 93 », se console Liliane, de la section Fivoise. Elle, qui donne encore du camarade, reste résolument optimiste. « Le mouvement des jeunes socialistes est encore bien mobilisé. Il y a de l’espoir. On se relèvera ».

Emmanuel Maurel ou Delphine Batho

Guy semble davantage préoccupé. Il comptait voter, mais au bureau de vote, on lui annonce qu’il n’est pas à jour de ses cotisations. « J’ai envoyé mon chèque à la Fédération le 3 mars », assure cet ancien ingénieur militaire qui s’est inscrit au PS il y a 12 ans. « C’est Ségolène Royal qui m’a motivé à adhérer ». Guy espérait donner sa voix à Emmanuel Maurel… ou à Delphine Batho*.

« C’est quand même dommage qu’il y ait quatre candidats masculins », déplore-t-il. Lui aussi est déçu par les années Hollande. « On n’a rien fait pendant les cinq ans où il était au pouvoir. Il est temps que le PS se remette à travailler », confirme un jeune militant. Pour Guy, finalement, pas moyen de voter. Son chèque s’est perdu.

« La France insoumise, ils sont trop extrémistes »

A 36 ans, Mélina est une des rares nouvelles adhérente de 2017. Issue d’un milieu communiste, elle  a néanmoins choisi le PS. « La France insoumise, ils sont trop extrémistes », balance-t-elle. Pour Sebastien Duhem, adjoint à la maire de Lille, « c’est le débat qui va permettre au PS de se relever et c’est bien parti ».

Reste à reconquérir les militants. « On en a perdu beaucoup, c’est vrai, avoue Audrey Linkenheld. On est comme le Losc. Il y avait plus de monde pour les soutenir quand ils étaient champions que maintenant. A nous de redonner envie, il y a toujours un espace politique pour nous. »

* Candidate à la candidature, Delphine Batho n’a pu se présenter faute de suffisamment de parrainages.