Profanation dans un cimetière musulman

Olivier Aballain

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Nicolas Sarkozy a dénoncé le « racisme le plus inadmissible qui soit ». Près d'un an après des faits similaires, le carré musulman du cimetière militaire de Notre-Dame-de-Lorette a de nouveau été profané dans la nuit de samedi à dimanche.

Plus de cent soixante-dix tombes ont été dégradées à la peinture noire avec des inscriptions racistes et « anti-islam », selon le procureur d'Arras, Jean-Pierre Valensi. L'une des inscriptions insulte Rachida Dati, la ministre de la Justice. En outre, une tête de porc à demi découpée a été suspendue à une sépulture.

La ministre de la Justice a demandé « la plus grande fermeté » à l'encontre des auteurs. Mais aucun témoin ne s'était encore signalé hier soir. L'enquête préliminaire, menée sur place par une centaine de gendarmes d'Arras et de Lille, se concentre sur la récolte d'indices. D'après nos informations, la dernière personne à avoir quitté les lieux « intacts » est partie samedi vers 20 h 30, les dégradations ayant été découvertes vers 8 h hier matin.

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, est venu dans l'après-midi observer une minute de silence en hommage aux 576 soldats de la Première Guerre mondiale enterrés dans ce carré musulman. Et il a annoncé qu'« une réflexion s'est d'ores et déjà engagée avec les autorités locales » pour la surveillance des lieux. Le lancement national de la commémoration du 90e anniversaire de l'armistice de 1918 est précisément prévu à Notre-Dame-de-Lorette le 24 avril prochain.