Lille: A deux ans des élections municipales, Martine Aubry va-t-elle se représenter ? Qui pour lui succéder ?

POLITIQUE Les maires viennent de boucler la première partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, 20 Minutes se demande quelles sont les forces en présence à Lille…

Gilles Durand

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Martien Aubry, lors des vœux à la presse, en janvier 2018.
Martien Aubry, lors des vœux à la presse, en janvier 2018. — G. Durand / 20 Minutes
  • La maire (PS) sortante Martine Aubry n’exclut pas de se représenter en 2020.
  • Un nom circule pour lui faire concurrence : celui du ministre Gérald Darmanin.
  • Fort de ses bons scores aux dernières élections, la France Insoumise y croit.

Lille va-t-elle rester aux mains du PS en 2020 ? Mise à part une période de huit ans, entre 1947 et 1955, la ville est un fief socialiste depuis 100 ans. Les dernières élections présidentielles et législatives, en 2017, ont semblé montrer une érosion du vote PS, mais un sondage publié par La Voix du Nord, en décembre, montrait que les trois quarts des Lillois étaient satisfaits de l’action municipale. Alors…

Que va faire Martine Aubry ? En 2014, Martine Aubry avait annoncé son intention de ne pas briguer de 4e mandat en 2020. L’arrivée de François Lamy, un de ses proches, dans l’équipe municipale, laissait penser que la maire de Lille avait fait le choix du renouvellement politique. Sauf qu’aux législatives, François Lamy a été largement battu. Certes, en 2002, Martine Aubry avait elle aussi échoué aux législatives à Lille, mais l’échec avait été moins cuisant. Faute d’une personnalité qui émerge, la maire de Lille n’exclut plus de se représenter. « Elle a la ferme volonté de garder la ville à gauche », témoigne un de ses proches.

Un prétendant à l’affût ? Si Martine Aubry n’y va pas, l’ancien ministre Patrick Kanner semble prêt à lui succéder. S’il n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet auprès de 20 Minutes, le sénateur (PS) nordiste avouait dans CNews qu’il « prendra sa part pour servir sa ville d’une manière ou d’une autre ». « Ce qui m’intéresse, c’est que la ville reste sociale-démocrate », explique-t-il.

Qui va mener l’opposition municipale ? Le leader de l’opposition, c’est Jean-René Lecerf, l’actuel président (DVD) du conseil général. Mais lui s’estime trop âgé, « comme Martine Aubry », se plaît-il à ajouter. « Ma candidature serait un constat d’échec. Il faut une autre génération », glisse-t-il. Et de citer le nom du ministre Gérald Darmanin pour réunir l’opposition. Sauf que l’ancien maire de Tourcoing lorgne plutôt la présidence de Lille Métropole et Tourcoing serait un tremplin bien plus sûr que Lille pour y parvenir.

LREM peut-elle prendre la mairie ? Sarah Robin, référente LREM dans le Nord, confirme qu’il y aura bien un candidat sous l’étiquette En marche. Mais pour l’instant, aucun nom ne sort du chapeau. « Face à l’enjeu, il faudra quelqu’un qui ratisse large et on n’attendra pas six mois avant l’échéance pour annoncer notre candidat », avoue-t-elle. Là encore, on pense à Gérald Darmanin. Mais sous quelle étiquette ?

Une chance pour La France insoumise ou le Front national ? « Nous allons présenter un candidat au vu des très bons scores réalisés par La France insoumise à Lille lors de la présidentielle et des législatives », assure Adrien Quatennens, élu député de la circonscription lilloise en 2017 et nouvelle figure médiatique du mouvement. Reste à savoir qui ? « Je pense qu’on a intérêt à faire monter d’autres personnes que moi. Tout est à construire », précise-t-il. Quant au FN, Eric Dillies sera sûrement à nouveau candidat. Celui qui a tenté de se présenter, en vain, à la présidence du FN avait réalisé 18 % au second tour en 2014, un chiffre en très forte progression. Mais de là à rafler la mairie en 2020…