Prise en charge, éducation, rumeurs sur Internet... Le plan gouvernemental de prévention de la radicalisation a été présenté

POLITIQUE Edouard Philippe a présenté, ce vendredi à Lille, un nouveau plan de lutte contre la radicalisation…

Gilles Durand

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Le Premier ministre Edouard Philippe, à la préfecture de Lille, le 23 février 2018.
Le Premier ministre Edouard Philippe, à la préfecture de Lille, le 23 février 2018. — G. Durand / 20 Minutes

Depuis 2014, il s’agit du cinquième plan de lutte contre la radicalisation. Le Premier ministre, Edouard Philippe a présidé, ce vendredi, un Comité Interministériel de la Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (CIPDR), réunissant plusieurs ministres à la préfecture de Lille. Plusieurs mesures ont été annoncées.

L’Education nationale. « De plus en plus d’enfants fréquentent des établissements d’enseignement privé hors contrat, a souligné Edouard Philippe dans son discours. Une équipe d’inspecteurs dédiés sera chargée de surveiller cet enseignement pour éviter les dérives. »

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Les rumeurs sur Internet. « Il faut mobiliser les acteurs de la société civile pour développer le contre discours », a précisé le Premier ministre, mais aussi « pouvoir retirer les contenus illicites sur les réseaux sociaux en une heure » grâce à la mise en place d’outils automatiques d’identification.

La prise en charge des revenants. Selon les chiffres officiels, 68 mineurs sont rentrés en France après un séjour au Levant (Irak et Syrie). « La majorité a moins de 13 ans et un quart moins de 8 ans, a noté Edouard Philippe. Ces enfants doivent avoir une prise en charge au long cours ». Une circulaire doit être signée pour déterminer les modalités d’accueil.

Dans les prisons. Trois nouveaux quartiers pour évaluer la radicalisation doivent voir le jour. « Pendant quatre mois, les surveillants spécialement formés pourront évaluer la dangerosité de certains détenus dans ces quartiers », a expliqué Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux. Par ailleurs, de nouveaux quartiers étanches, c'est-à-dire sans contact avec les autres détenus, vont être mis en place dans 78 établissements (1.500 places dont 450 disponibles avant la fin 2018) pour permettre une ventilation des détenus radicalisés.

Centre de réinsertion. Trois centres de prise en charge individualisée pour personnes radicalisées ou en voie de radicalisation, placées sous main de justice doivent être expérimentés à Marseille, Lyon et Lille, sur le modèle d'un dispositif déjà mis en place en Île-de-France. Contactée par 20 Minutes pour avoir des précisions sur ce dispositif, la préfecture du Nord a avoué ne pas disposer d'autres éléments.