Guide Michelin 2018: «Les temps n’ont pas toujours été faciles», selon le nouvel étoilé du Nord

GASTRONOMIE Personne n’attendait à ce que Abdelkader Belfatmi, à 28 ans, décroche l’étoile au Guide Michelin 2018, avec son petit restaurant Le Marcq, près de Lille…

Propos recueillis par Gilles Durand

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Abdelkader Belfatmi, cuisiner et gérant du restaurant Le Marcq, à Marcq-en-Barœul, dans le Nord
Abdelkader Belfatmi, cuisiner et gérant du restaurant Le Marcq, à Marcq-en-Barœul, dans le Nord — G. Durand/ 20 Minutes
  • Les spécialistes de la gastronomie lilloise ne s’attendaient pas à voir Le Marcq décrocher sa première étoile.
  • Le cuisiner et gérant, Abdelkader Belfatmi, a 27 ans et possède ce restaurant depuis deux ans et demi.
  • Sa spécialité, c’est le ris de veau et les assaisonnements asiatiques.

Une nouvelle étoile est tombée sur le nord. Depuis lundi soir, un restaurateur de Marcq-en-Barœul, à côté de Lille, a obtenu la distinction du Guide Michelin 2018, à 27 ans pour son établissement, Le Marcq. Une énorme surprise pour les spécialistes de la gastronomie lilloise. D’autant que dans l’agglomération lilloise, deux autres restaurants, La Laiterie, à Lambersart, et l’Arbre, à Gruson, ont perdu la leur.

Personne ne s’attendait à cette étoile…

Ça fait d’autant plus plaisir. J’ai toujours dit que, pour moi, l’étoile Michelin était un rêve. On ne réalise pas encore. On n’a pas eu le temps de célébrer. On va rouvrir le restaurant, ce mercredi. Ça va être un moment particulier. J’ai reçu des e-mails toute la journée de mardi. Au niveau des réservations, on est arrivé à 105 alors qu’on ne dispose que d’une vingtaine de couverts. C’est la meilleure pub qu’on puisse avoir, cette étoile.

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Quand avez-vous appris cette bonne nouvelle ?

Vendredi. Nous avons eu un appel nous demandant d’être présents à la cérémonie à Paris. On nous a confirmé que c’était pour avoir l’étoile, mais il ne fallait rien dire.

Comment vous en êtes arrivé là ?

Il y a huit ans, j’ai passé mon BEP et mon bac au lycée hôtelier Michel Servet, à Lille. Ensuite, j’ai travaillé comme pâtissier puis second au Val d’Auge, un étoilé de Bondues où j’ai rencontré ma compagne, Marine Philippo, qui travaille avec moi, en salle, aujourd’hui. J’ai travaillé aussi à L’Arbre, la Laiterie, en Belgique à côté de Roselaere et en brasserie, au R de Roubaix, avant de m’installer à mon compte, à Marcq-en-Barœul, il y a deux ans et demi, le 1er juin 2015.

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Pourquoi Le Marcq ?

On voulait quelque chose de simple, dans nos moyens. C’était un ancien restaurant qui s’appelait La Table de Marcq et qui était fermé depuis un an. Les temps n’ont pas toujours été faciles. Nous ne sommes que trois à travailler au Marcq.

C’est quoi, le secret de votre réussite ?

De travailler avec ma femme. Mais aussi d’essayer d’être différents des autres restaurants. J’aime beaucoup travailler les produits asiatiques. Je fais de la cuisine française avec des assaisonnements et des goûts asiatiques. J’adore la Thaïlande. C’est mon pays de cœur. J’y vais chaque année depuis dix ans. J’adore aussi la boxe thaïe qui est mon hobby.

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Vous vouliez être cuisinier quand vous étiez petit ?

Non. Mon premier métier c’était de devenir vétérinaire. Je ne sais pas ce qui m’a donné envie de travailler dans la restauration. Je n’ai pas eu de déclic. J’ai toujours aimé les bonnes choses. Je faisais des pâtisseries à la maison, mais je crois que c’est quand je suis entré en lycée hôtelier que j’ai compris que c’était ça que je voulais faire. Pas avant.

C’est quoi, votre plat favori ?

Le ris de veau est le seul plat qui reste tout le temps à la carte. Cette carte est très courte et change tous les quinze jours. J’adore aussi faire des poissons marinés.

Vous avez d’autres projets ?

Ouvrir une brasserie à Roubaix, en mars, si tout va bien. Je discute avec la banque. Sinon, on va faire des travaux. Nous n’avons pas le standing que les gens attendent pour un étoilé. On a envie de faire un lieu plus chaleureux, plus cosy. La décoration va changer. On a déjà pris un premier rendez-vous avec l’architecte. On espère avoir fini avant l’été.