Le sexe au travail, ça compte

Emma Carlier - ©2008 20 minutes

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Elles ont plus de diplômes, mais pas plus de boulot. Les femmes ne parviennent pas à faire reconnaître leur qualification dans le monde du travail tant au niveau du salaire qu'en termes de responsabilités. Selon une étude rendue publique hier par l'Insee, elles obtiennent pourtant de meilleurs résultats scolaires et universitaires que les garçons. Et dans la région, au 1er janvier 2005, seulement 13 % des actives n'avaient aucun diplôme contre 16 % pour leurs pendants masculins. Problème : « Leur niveau ne leur permet pas pour autant de supprimer l'écart avec les hommes », précise Delphine Leglise, chargée de l'étude à l'Insee.

Dans le Nord-Pas-Calais, 29 % des femmes actives sont diplômées d'un enseignement supérieur, contre 23 % pour les hommes. Mais les écarts salariaux persistent : 300 euros de moins par mois en moyenne. Las, les métiers les plus féminisés - les services, la santé ou l'administration - peinent à valoriser les diplômes. « Il n'y a pas assez de diversification des métiers choisis, explique Marie-Laure Balmès, directrice régionale du travail. La lutte pour l'égalité des chances se fait dès les choix d'orientations. »

D'autant que concilier vie professionnelle et familiale est un vrai obstacle. C'est d'ailleurs devenu l'une des priorités du collectif régional pour l'information et la formation des femmes (Corif). Via la promotion de l'aide à la reprise d'activité des femmes (Araf) prévue par l'Etat, le Corif espère les aider à aménager leur temps de travail. De quoi, espère Marie-Laure Balmès, « réduire aussi la proportion de temps partiel subi [non choisi] ». Là, il y a du boulot.