Roubaix: Lancement d'un guide pour lutter contre les violences à l'école

EDUCATION Après une longue expérimentation, les médiateurs à l’école semblent efficaces contre les violences…

Mikaël Libert

— 

Le guide pour lutter contre la violence à l'école.
Le guide pour lutter contre la violence à l'école. — M.Libert / 20 Minutes

La violence en milieu scolaire n’est pas une fatalité. Jeudi, au collège Van Der Meersch de Roubaix, sera présenté le guide intitulé « Prévenir les violences et renforcer la citoyenneté à l’école ». Selon son concepteur, France Médiation, réseau d’acteurs de la médiation sociale, l’ouvrage est une véritable « boîte à outils ».

Des résultats concluants

L’expérimentation du « médiateur à l’école » remonte à 2012. Le but était de « prévenir et lutter contre les violences, l’absentéisme et le décrochage scolaire » dans les établissements en zone d’éducation prioritaire REP et REP +. «Ces cinq années […] ont permis de démontrer tout l’intérêt de mettre à disposition […] des professionnels positionnés en tant que tiers, dédiés à l’écoute […] et à la prévention des conflits », assure Chantal Uytterhagen, présidente de France médiation. Selon des chiffres du réseau, ce travail de médiation a permis, notamment, une baisse de 46 % du harcèlement des garçons de 6e.

Et comme ça marche, l’ambition est de généraliser le projet : « Ce guide ne donne pas les solutions pour chaque problème rencontré, explique Fabien Triquet, médiateur chez Citéo. Il présente notre travail aux chefs d’établissements et les actions que nous pouvons mettre en place après avoir diagnostiqué les besoins de l’établissement ».

>> A lire aussi : Harcèlement scolaire des bons élèves. «On m’a volé mes affaires, on m’a traitée de tous les noms»

« Ça ne compense pas le manque de moyens »

« Les violences, c’est de plus en plus souvent, tout travail sur cette thématique est profitable », reconnaît une enseignante, représentante syndicale au SNES-FSU du collège Van Der Meersch, à Roubaix. Néanmoins, selon elle, ça ne suffit pas : « Ça ne compense pas le manque de moyens, surtout humains, poursuit-elle. Chez nous, le Principal a trois établissements en charge, on ne le voit pas souvent. Il manque cette figure d’autorité ».

>> A lire aussi : Comment les proviseurs tentent de combattre les violences scolaires

Pourtant, Van Der Meersch a une médiatrice scolaire à temps plein : « Bien sûr que c’est utile, notamment la formation de médiateurs parmi les élèves. Mais les enseignants en sont toujours à gérer trop de choses qui n’ont rien à voir avec leur métier », déplore la syndicaliste. Contacté, le rectorat de Lille n’a pas donné suite.