Lille: Les coursiers de Uber Eats ont prévu une grève des livraisons ce samedi

SOCIAL Pour protester contre la précarité de leur situation, les coursiers à vélo vont mettre pied à terre…

Mikael Libert

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Un coursier Uber Eats (illustration).
Un coursier Uber Eats (illustration). — S.SALOM-GOMIS / SIPA
  • Des coursiers de Uber Eats vont se mettre en grève samedi soir à Lille.
  • Ils protestent contre le nombre trop élevé de coursiers par rapport aux commandes.
  • Uber affirme que des discussions sont en cours avec les coursiers mécontents.

Ils en ont assez de pédaler dans le vide. Samedi soir, de nombreux coursiers à vélo de Uber Eats ont prévu de se déconnecter de l’application. Un mouvement de grève, inédit à Lille, pour protester contre des conditions de travail qu’ils jugent proches « d’un esclavage 2.0 ».

Trop de livreurs, pas assez de commandes

Les coursiers lillois ne sont pas encore organisés en syndicat, comme l’ont fait leurs homologues de Gironde. La communication passe par un groupe Facebook qui rassemble déjà plus de 400 personnes et auquel 20 Minutes a eu accès. C’est d’ailleurs de ce groupe qu’est partie l’idée de faire une grève, le 18 janvier.

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« Avant Noël, nous arrivions à gagner l’équivalent d’un SMIC par mois. Ce n’est plus le cas parce qu’Uber ne cesse de recruter de nouveaux coursiers. Il y a encore eu une réunion avec 15 candidats jeudi. A cause du sureffectif, on peut se connecter plusieurs heures sans avoir aucune commande », affirme Safwane, 24 ans, qui a lancé le mouvement.

Contacté par 20 Minutes, Uber affirme pourtant avoir « arrêté d’accepter des coursiers additionnels depuis le début de semaine », précisant que « près de 300 coursiers utilisent l’application Uber Eats à Lille ».

La rémunération à la course

« L’autre problème, c’est qu’Uber ne rémunère que la distance entre le restaurant et le client, explique Geoffrey, un autre coursier. Sauf qu’entre l’endroit où le coursier se trouve lorsqu’il reçoit la commande et le restaurant, il peut y avoir plusieurs kilomètres. S’il doit livrer à 300 mètres du restau, le coursier ne sera payé que sur cette distance ».

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Le dernier point, c’est le temps passé à attendre la préparation des commandes : « Dans certains restaurants, ça peut prendre jusqu’à 20 minutes pour récupérer la commande. Et ce temps perdu n’est pas non plus rémunéré », se désole Geoffrey. Contre cela, Uber travaille sur un temps de préparation théorique qui se met à jour automatiquement en fonction de l’historique du restaurant. Cette donnée devrait permettre au coursier de « se calibrer » pour éviter l’attente.

Uber a confirmé que des discussions étaient en cours avec les coursiers lillois : « L’objectif aujourd’hui est d’atteindre une situation d’équilibre entre l’offre et la demande et retrouver le rythme d’avant les vacances de fin d’année », a assuré un porte-parole de la société. En attendant, le mouvement de grève de samedi, à partir de 18h30, est maintenu.

Comment est payé un coursier Uber Eats ?

Selon le mode de calcul fourni par Uber à 20 Minutes, le montant du prix d’une course se compose ainsi : 2,50 euros bruts lors de la prise en charge au restaurant, 1 euro brut lors de la remise au client et 1,40 euro brut par kilomètre parcouru. Le coursier perçoit 75 % de ce montant et Uber 25 %.

Sur la base d’une course de 3,5km, le coursier va donc toucher 6,30 euros bruts. Si le coursier veut gagner l’équivalent d’un SMIC (9,88 euros bruts/h) en travaillant 35h par semaine, soit 7h par jour, il devra livrer quotidiennement onze commandes.