Lille: Un mégot par terre et, attention, c’est la contravention !

ENVIRONNEMENT A partir du 1er février, la ville de Lille va commencer à dresser des PV aux fumeurs indélicats…

Gilles Durand
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Illustration de mégots de cigarettes.
Illustration de mégots de cigarettes. — F. Durand / SIPA
  • La ville ramasse chaque année 18 tonnes de mégots de cigarettes
  • Les mégots polluent l’eau à cause des substances nocives qu’ils contiennent.
  • Les fumeurs qui jetteront leurs mégots sur l’espace public seront verbalisés.

La guerre contre les fumeurs va connaître un nouvel épisode. La ville de Lille va lancer, à partir du 1er février, une campagne de contraventions pour lutter contre la pollution engendrée par les mégots de cigarettes jetés sur l’espace public, annonce la mairie.

Substances nocives pour l’eau

L’année dernière, des affiches avaient déjà donné le ton pour sensibiliser les Lillois à ce problème sanitaire. En effet, les filtres de cigarettes contiennent des substances nocives (nicotine, phénols et métaux lourds) qui se libèrent dans les réseaux d’assainissement des eaux, non équipés pour les traiter. Un seul mégot peut ainsi polluer plusieurs litres d’eau et va mettre plusieurs mois à se décomposer.

Après la prévention vient le temps des sanctions : il en coûtera 68 euros pour les fumeurs négligents, mais aussi 38 euros pour le commerçant laxiste. La ville a signé une charte sur les mégots avec les restaurateurs et les gérants de bar pour faire respecter la consigne de jeter son mégot dans un cendrier.

On ramasse 18 tonnes de mégots par an

« A Lille, ce sont 18 tonnes de mégots qui sont ramassées chaque année », précise Martine Aubry. Pour éviter la prolifération des mégots, la ville met à disposition des cendriers qui peuvent être installés à l’extérieur. « Tout le monde est prévenu, note Martine Aubry. Les commerçants peuvent commander des cendriers négociés au prix de 139 euros ».



Problème, les commerçants ne semblent pas au courant de cette mesure répressive. « Aucune date n’avait été fixée lorsque nous avons signé la charte. Il était question de laisser un laps de temps pour la prévention », explique Gérard Depoorter, président de l’Union des métiers de l’hôtellerie (UMIH) à Lille.

La SNCF, qui est aussi signataire de cette charte, a déjà pris les devants. Depuis un an et demi, elle expérimente à l’une des entrées de Lille Europe, sur le parvis Mitterrand, un endroit fumeur équipé d’un cendrier flashy. « On récolte tous les mois entre 6 et 8 kg de filtres qui sont directement compactés », précise Alexis Colas, adjoint au directeur des gares nordistes. Si le test est concluant, il pourrait être étendu aux autres entrées des deux gares lilloises.

Des cendriers qui servent de sondage

La plupart des autres grandes villes ont également dégainé leur plan anti-mégots. A Bordeaux, il existe des bornes de collecte qui permettent de recycler les filtres. En Alsace, des cendriers ludiques, qui servent en même temps de sondages, ont fait leur apparition. Tandis qu’à Colmar, comme à Lille, la mairie a décidé de sanctionner. A Toulouse, c’est une brigade spéciale anti-incivilités qui verbalise.