« Réorganiser les remplacements de profs »

Recueilli par Emma Carlier - ©2008 20 minutes

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Anastasia Albin

Professeur certifiée d'Histoire-Géographie.

Hier, les syndicats enseignants étaient dans la rue contre la détérioration des conditions de travail, notamment pour les titulaires en zone de remplacement (TZR), dont vous faites partie. Quelle est votre situation ?

Je réside à Arras, mais on m'envoie travailler à Lille, Roubaix et Tourcoing. Depuis septembre, j'ai enchaîné trois établissements et des dizaines de classes de la sixième à la terminale, dans un autre département que le mien.

Comment vous organisez-vous ?

Je n'ai pas de voiture. Le rectorat le savait, mais m'a répondu que ce n'était pas son problème. Je me lève à 5 h du matin avant de passer deux heures trente dans les transports. Parfois je prends le taxi pour aller plus vite, et je dors à l'hôtel car c'est trop loin de chez moi. J'ai dépensé énormément d'argent. Aujourd'hui, je dois rendre mon logement malgré un salaire de 2 200 euros, à cause de mes frais de déplacements. En plus, nous ne sommes prévenus que quarante-huit heures avant nos affectations. On n'a pas le temps de préparer les cours. A 60 ans, je n'ai plus la force de continuer comme ça.

Que faut-il changer ?

Nous n'avons pas assez de moyens pour les objectifs imposés. Deux jours pour reprendre les programmes du collège au lycée, c'est impossible. Les remplacements doivent être réorganisés. Il ne faut plus mélanger les niveaux d'étude.