Après le second tour, le temps des recours

Vincent Vantighem - ©2008 20 minutes

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Les urnes ont livré leurs verdicts, place à ceux du tribunal administratif de Lille. Plusieurs candidats malheureux aux municipales s'apprêtent à déposer un recours pour contester leur défaite. Mais la justice, comme la politique, répond à des codes stricts.

Premier critère : l'écart entre le vaincu et le vainqueur. Il doit être serré. Comme à Béthune, où Jacques Mellick (PS) a dû céder son trône pour 168 voix. Il ne lui en fallait pas plus pour accuser son adversaire, Stéphane Saint-André (divers gauche) d'avoir fait preuve d'antisémitisme durant la campagne. « Je m'y attendais, assure l'accusé. Mellick est un mauvais perdant ! »

Au Cateau-Cambrésis, Laurent Coulon avait bien plus de 168 voix de retard sur son adversaire. Qu'importe, il considère que le scrutin a tout de même été altéré. Il s'en souvient très bien. C'était lors d'un gala de catch en février. Au micro, l'animateur de la soirée faisait de la retape pour le maire sortant. Et ça, c'est interdit. Alors il a saisi la justice. Tout comme Marine Le Pen (FN) à Hénin-Beaumont. Là-bas, il n'y a pas eu de gala de catch. Mais des coups, si. Largement élu dimanche, le maire sortant Gérard Dalongeville (DVG) continue même d'en recevoir. Photos à l'appui, Marine Le Pen l'accuse d'avoir fait faire sa campagne (tractage, affichage) par les employés municipaux. Comme Jacques Mellick et Laurent Coulon, elle a jusqu'à vendredi pour saisir le tribunal administratif de Lille. Celui-ci risque d'avoir du pain sur la planche. Après le premier tour, 62 recours avaient déjà été déposés.