Nord: Pimkie veut supprimer 208 postes par ruptures conventionnelles collectives

SOCIAL Le groupe de prêt-à-porter nordiste, Pimkie, compte utiliser le nouveau dispositif du Code du travail pour supprimer 208 postes…

G.D. avec AFP

— 

L'enseigne Pimkie.
L'enseigne Pimkie. — M. Allili / SIPA
  • Le groupe de prêt-à-porter Pimkie souhaite supprimer 208 postes par ruptures conventionnelles collectives.
  • Les ruptures conventionnelles collectives sont un nouveau dispositif prévu par les ordonnances du Code du travail.
  • PSA souhaite également procéder par ruptures conventionnelles collectives, tout en embauchant 600 intérimaires.

Les premières « ruptures conventionnelles collectives (RCC) », c’est maintenant ! La direction de la chaîne de prêt-à-porter Pimkie, appartenant à la galaxie Mulliez, a décidé d’utiliser ce dispositif inédit, prévu par les ordonnances sur le Code du travail de septembre 2017, pour supprimer 208 postes.

Suppression de 37 magasins en trois ans

Le projet a été présenté, lundi, aux élus du personnel. Ces ruptures conventionnelles - qui existaient déjà à l’échelle individuelle - permettent des départs volontaires, selon une procédure moins risquée pour l’entreprise et, a priori, moins contraignante que celle d’un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Elles sont conditionnées à la signature d’un accord majoritaire avec les syndicats, homologué par l’administration.

>> A lire aussi : La rupture conventionnelle collective est-elle un plan social déguisé?

Lundi, au siège de Pimkie à Villeneuve-d’Ascq, dans le Nord, la direction a détaillé le projet au Comité central d’entreprise (CCE) : suppression de 37 magasins en trois ans, sur 321 en France, et à court terme 83 emplois en magasin, 41 en logistique, 53 au siège international et 31 au siège pour la France implanté à Neuville-en-Ferrain, près de Tourcoing.

« Il y a eu du chantage »

L’émotion était vive devant le siège. Laetitia, salariée depuis 2001, était en larmes : « 37 magasins, on ne s’y attendait pas, c’est énorme ! Et une personne sur deux dans la logistique… C’est une catastrophe. »

« Il y a eu du chantage », a dénoncé Valérie Pringuez, secrétaire (syndicat CGT) du CE, laquelle assure que la direction a annoncé : « Si vous ne prenez pas la rupture conventionnelle collective, on imposera sèchement le départ des salariés ». C’est « un plan social déguisé », a abondé la déléguée syndicale centrale du syndicat FO, Maley Upravan.

Accord ou non ?

« FO et la CGT seront à la table des négociations, ce mardi, pour écouter les propositions de la direction, il est prématuré de dire qu’il n’y aura pas d’accord », a noté le directeur général délégué de Pimkie, Eric Foucault. Les deux syndicats, majoritaires dans l’entreprise, ont fait part aux médias de leur hostilité à la signature d’une RCC.

La direction a déroulé les « avantages » du recours aux ruptures conventionnelles collectives : « volontariat » pour les départs, « rapidité de mise en œuvre » et possibilité de réembaucher en cas d’amélioration des résultats - contrairement à un PSE qui interdit de recruter avant un an. Pimkie escompte ainsi « se réorganiser en deux mois seulement », là où un PSE « nécessite souvent près de six mois ».

Ruptures conventionnelles et embauches chez PSA

Par ailleurs, le groupe automobile PSA, qui souhaite également procéder par ruptures conventionnelles collectives, pourrait être le premier à boucler ses négociations avec les syndicats, prévues en une journée, mardi. En parallèle, le même groupe a annoncé, la semaine dernière, le recrutement de 600 intérimaires d’ici à mai 2018 sur le site de Hordain, « pour répondre au succès de ses véhicules utilitaires légers ».