Lille: En panne de batterie sur son fauteuil, un handicapé passe une nuit dehors

SOCIETE Ce Lillois, handicapé moteur, a fait les frais d’un concours de circonstances peu banal…

Mikael Libert

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Une personne handicapée en fauteuil roulant électrique (illustration).
Une personne handicapée en fauteuil roulant électrique (illustration). — V. WARTNER / 20 MINUTES

Un grand moment de solitude. Dans la nuit du 30 au 31 décembre, Loïs Crépy, un habitant de Lomme âgé de 35 ans, a vécu une bien triste mésaventure. Handicapé moteur, son fauteuil électrique est tombé en panne de batterie en pleine rue. Faute de bonne âme pour le ramener chez lui, il a passé une partie de la nuit dehors.

Samedi 30 décembre, Loïs s’est rendu au bistrot de Saint-So, à Lille, pour participer à une soirée. Les festivités se sont terminées à 3h du matin et Loïs, sur son fauteuil roulant électrique, a pris la route pour rejoindre la station de métro la plus proche. « L’ascenseur de la station était en panne, j’ai manqué le dernier métro à quelques minutes », assure le trentenaire.

La loi de Murphy

C’est à partir de là que les choses se sont corsées. « Comme je comptais rentrer en métro, je n’avais pas fait trop attention à la charge de mon fauteuil, c’est une négligence de ma part », reconnaît-il. Malgré ses batteries à moitié vides, Loïs a tenté de rentrer chez lui par ses propres moyens. Ce qui devait arriver arriva.

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« Je suis tombé en panne rue d’Arras alors que je roulais sur le côté de la chaussée », poursuit-il. Loi de Murphy oblige, sa malchance en a remis une couche et ce fût au tour de son téléphone portable de manquer de jus. A ce moment, il est plus de 4h du matin. Loïs a trouvé quelques passants aimables qui lui ont permis de passer des coups de fil.

« J’ai appelé plusieurs fois les pompiers, la police et même le Samu pour me venir en aide mais ils se sont tous renvoyé la balle », se désole-t-il. Des policiers en patrouille ont tout de même poussé le fauteuil sur le trottoir mais n’ont pu reconduire Loïs chez lui, faute de place dans leur véhicule.

Une galère de neuf heures

Vers 8h du matin, d’autres passants ont réussi à pousser le lourd fauteuil dans un café qui venait d’ouvrir et Loïs a enfin pu appeler sa mère : « Elle est très anxieuse, je ne voulais pas l’inquiéter mais là, je ne pouvais plus faire autrement. » C’est en ambulance que le naufragé de la nuit a finalement été ramené chez lui, vers midi, soit neuf heures après la fin de sa soirée.

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« Tous les services que j’ai contactés m’ont dit que ma situation n’était pas une urgence, s’insurge Loïs. Pourtant ce n’était tout de même pas la mer à boire de me reconduire chez moi ». Du coup, après cette nuit blanche, le Lommois a passé son réveillon du nouvel an à dormir.