Jeunes tués par un train à Lille: L’enquête écarte la thèse du contrôle de police

ENQUÊTE Le procureur de la République de Lille dément une nouvelle fois les rumeurs de la présence de policiers sur place…

Mikael Libert

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L'accident a eu lieu dans le quartier Saint-Maurice, à Lille.
L'accident a eu lieu dans le quartier Saint-Maurice, à Lille. — Google Maps
  • Deux jeunes sont morts après avoir été percutés par un train, vendredi, à Lille.
  • Un des rescapés affirme que son petit groupe fuyait un contrôle de police.
  • Le procureur de Lille dément une intervention policière avant l’accident.

Chacun campe sur ses positions. Le procureur de la République de Lille a réaffirmé, jeudi, qu’aucun des jeunes percutés par un TER, vendredi dernier, n’avait été contrôlé par des policiers. Une version totalement contraire à celle délivrée par l’un des rescapés au micro de nos confrères de France 3.

Versions contradictoires

Lors de l’accident, survenu vendredi à 20h45, près de Lille, deux jeunes avaient perdu la vie et deux autres avaient été blessés. L’hypothèse que le petit groupe tentait de se soustraire à un contrôle de police avait rapidement émergé, appuyée par le témoignage d’Aurélien, l’un des quatre jeunes, lors d’un rassemblement organisé, lundi, en hommage aux deux victimes.

Le même jour, le parquet de Lille avait évoqué une « rumeur » quant à l’intervention de policiers dans le secteur au moment des faits. Le procureur avait aussi avancé « l’existence d’un sentier, emprunté semble-t-il pour servir de raccourci en longeant les voies de chemin de fer ».

Rebondissement le mardi. Dans un reportage de France 3, Aurélien a maintenu sa version d’une tentative d’échapper à un contrôle. Il a expliqué qu’ils étaient régulièrement contrôlés et parfois même frappés par des policiers, ajoutant que le soir du drame, ils avaient eu peur en voyant arriver des membres des forces de l’ordre armés de matraques.

Frank Berton va défendre les familles des victimes

Entre-temps, l’avocat Frank Berton a déclaré qu’il acceptait de défendre les familles des deux jeunes qui ont perdu la vie dans l’accident. Une information judiciaire a d’ailleurs été ouverte pour « recherche des causes de la mort » par le parquet de Lille, confiée à un juge d’instruction. Les familles devraient rapidement déposer plainte avec constitution de partie civile pour avoir accès au dossier d’instruction.

Le procureur de la République a néanmoins tenu, jeudi, à signaler que « les derniers éléments figurant dans la procédure […] confirment que les quatre jeunes n’ont pas fait l’objet d’un contrôle de police avant l’accident ». Selon lui, la seule intervention de la police dans cette zone est le fait d’une patrouille de la BST « en uniforme » pour « une altercation à la Cité Saint-Maurice ». « Ils ont fait le tour de cet ensemble de bâtiments sans voir personne », précise-t-il. Cela revient donc à confirmer que des policiers étaient présents dans les parages.

Le parquet assure que le jeune rescapé qui a témoigné auprès de nos confrères « n’a pas souhaité être entendu par les services de police » et que l’appel à témoins lancé, lundi, est resté lettre morte.