Les grévistes dans le creux de la vague

Thierry Butzbach - ©2008 20 minutes

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Abattus, mais déterminés. Les 160 officiers de SeaFrance entameront, ce matin, leur seizième jour de grève. Hier, les propositions consenties par la direction ne les ont pas satisfaits. « Moralement, c'est très dur, confie un chef-mécanicien, venu rencontrer la presse dans un terminal désert. Toute l'année, on se bat pour respecter les horaires. Voir ces bateaux bloqués à quai, c'est incompréhensible pour nous. »

Pas de quoi, pourtant, ébranler sa motivation. « On nous propose une hausse de salaire en contrepartie de trois suppressions de postes », regrette David Poisson, second capitaine et membre de l'intersyndicale CGC-CGT. Ce dernier a embarqué sur le Manet, le navire qui sert de théâtre aux assemblées générales. Sans surprise, la poursuite du mouvement pour 24 heures a été votée.

Mais « cette première réunion avec la direction est un signe d'ouverture », relativise Etienne Sicot, secrétaire général du Syndicat national des cadres navigants de la marine marchande (CFE-CGC). Lui est venu de Paris soutenir l'intersyndicale. Peine perdue. Chez les grévistes, le coeur n'y est plus. Depuis l'arrivée d'Eudes Riblier à la tête de l'entreprise, en 2000, ils regrettent l'ignorance, voire le mépris, dont ils disent faire l'objet. Dans trois semaines, la compagnie doit réceptionner le Jean Nicoli, un bateau de 103 m de long. Vingt de plus que son ferry le plus imposant aujourd'hui. Or, « sa mise à quai sera un défi qui réclamera la pleine motivation de tous », préviennent les officiers.