Lille: Elle recherche désespérément le fantôme qui a enterré sa mère

ENQUÊTE Depuis cinq ans, une femme est à la recherche d’une mystérieuse inconnue dont le nom apparaît à chaque étape de l’inhumation de sa mère…

Mikaël Libert

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Edith Faes est enterrée dans le cimetière du Sud, à Lille (illustration).
Edith Faes est enterrée dans le cimetière du Sud, à Lille (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • Elle n’a pas été prévenue du décès de sa mère.
  • Une cousine inconnue est à l’origine de toutes les démarches.
  • Après une plainte déposée en 2013, l’instruction est toujours en cours.

Mystère autour de l’enterrement d’une Lilloise. Depuis cinq ans, Isabelle Faes est à la recherche de la femme qui a organisé l’enterrement de sa maman, Edith, après son décès, début 2013. Cette personne, dénommée Sylvie Legrand, lui a été présentée comme une cousine selon La Voix du Nord, qui révèle l’affaire. Problème, nul dans la famille de la défunte ne la connaît.

Prévenue après l’enterrement

Edith Faes est morte à l’âge de 80 ans à l’hôpital Saint Vincent de Paul, à Lille, le 20 février 2013. Suite à un concours de circonstances assez flou, sa fille Isabelle, dernière descendante directe, n’a pas été prévenue du décès de sa mère. Lorsqu’elle a appris la triste nouvelle, environ dix jours plus tard, elle a aussi découvert que sa maman avait déjà été enterrée au cimetière du Sud, à Lille, dans une concession payée par une certaine Sylvie Legrand, inconnue au bataillon.

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Au service Etat civil de la mairie de Lille, on est un peu embêté : « Dans la grande majorité des cas, ce sont les opérateurs funéraires qui sont mandatés par les familles pour les formalités administratives, y compris pour l’ouverture d'une concession. Nous n’avons en revanche pas les moyens de détecter si le mandat présenté par les pompes funèbres est authentique ».

Une facture pile-poil

Et justement, l’adresse indiquée à l’état civil par la fameuse Sylvie Legrand correspond à une société de pompes funèbres, à Lambersart. « J’y suis allée et, en insistant, ils ont fini par me montrer un mandat de dernières volontés rédigé par Sylvie Legrand et paraphé d’une signature qui n’était pas celle de ma mère », affirme Isabelle, ajoutant que la facture acquittée liée à ce mandat était de 3048 euros. Un montant qui correspond pile-poil à ce qu’il est légalement possible de prélever sur les comptes d’un défunt pour financer ses funérailles.

Un prix élevé au vu de la prestation : « Ma mère repose sous un tas de terre avec une pauvre croix en bois abîmée, déplore-t-elle. Et comme la concession ne m’appartient pas, je ne peux pas faire poser de pierre tombale ».

« Pour moi, Sylvie Legrand n’existe pas. Personne n’a réussi à la retrouver, pas même la police », après la plainte d’Isabelle en 2013. « Ça traîne. On va faire quoi de ma mère quand la concession de dix ans arrivera à expiration ? », s’inquiète-t-elle.