Lille: La réorganisation autour de l’Institut cœur poumon du CHR passe mal

SANTE Le syndicat CGT organisait une journée de grève pour dénoncer les baisses d’effectifs et la charge de travail…

Mikael Libert

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Une salle d'opération de l'hôpital cardiologique du CHRU de Lille (illustration).
Une salle d'opération de l'hôpital cardiologique du CHRU de Lille (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • La CGT du CHRU de Lille dénonce la charge de travail à l’Institut cœur poumon.
  • Le syndicat affirme que des dizaines de postes seront supprimées d’ici à 2020.
  • La direction réfute les licenciements et parle de réorganisation.

Ils manquent d’oxygène. Ce mardi, une partie du personnel de l’Institut cœur poumon (ICP) du CHRU de Lille était en grève pour dénoncer une « hausse considérable d’activité et une compression des effectifs ». La direction dément les suppressions de postes et évoque plutôt une réorganisation.

L’ICP est un projet de grande ampleur qui devrait, à l’horizon 2020, faire de cet établissement le plus grand hôpital cardio-thoracique d’Europe. Depuis la livraison de la première phase du chantier, début 2016, la grogne enfle. Après les problèmes de stationnement, c’est aujourd’hui « le poids d’une course effrénée à l’activité » qui pèse sur les épaules du personnel selon le syndicat CGT.

« Suppression de postes » contre « réorganisation »

« Dans le plan de financement de l’ICP, le CHR s’était engagé à financer la moitié de sa part sur la suppression de 65 équivalents temps plein (ETP), affirme Matthieu Collart, délégué syndical. Aujourd’hui, il y en a déjà eu quatre en soins intensifs cardiologiques et dix autres vont suivre à la clinique de médecine cardiologique », précise-t-il.

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La direction, elle, voit les choses autrement : « On ne supprime pas de postes dans le cadre de ce projet. On accompagne et on redéploie les postes pour répondre aux besoins d’une nouvelle prise en charge et aux besoins de santé différents », explique Katia Lucina, directrice adjointe des ressources humaines (DRH) du CHRU.

« Mensonges », réagit le syndicat : « Les suppressions de postes aux Soins Intensifs Cardio en juin dernier sont tout aussi faciles à prouver, documents à l’appui. De même que la suppression d’un poste d’archiviste ». Et, pour les dix postes en soins intensifs, la CGT cite un mail de la DHR : « Les rendus de postes, à hauteur de 9,65 ETP, résultent de l’engagement pris par l’Institution, quant à la conduite du projet ICP, et nous ne saurions déroger à celui-ci ».

Une « adaptation », pas une « charge de travail supplémentaire »

« Nous opérons dans changements dans la façon de travailler pour lesquels nous accompagnons le personnel afin qu’il s’adapte, déclare la DRH. Nous comprenons que cela puisse être ressenti comme une charge de travail supplémentaire, mais ça n’en est pas une », martèle-t-elle.

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Force Ouvrière (FO) a déposé un préavis de grève pour jeudi. Par ailleurs, une pétition de la CGT, ouverte à tous, circule depuis ce mardi. Selon la direction du CHRU, une réunion de « dialogue social » doit avoir lieu, le huit décembre.