L'installation collective d'un groupe d'agriculteurs bio permet de développer les circuits courts

AGRICULTURE Le projet de zone maraîchère et horticole bio mené par la Métropole de Lille vient, enfin, de voir le jour…

Gilles Durand

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Les agriculteurs de l'association «La voix des champs bio des Weppes» ont commencé à travailler à Wavrin, près de Lille.
Les agriculteurs de l'association «La voix des champs bio des Weppes» ont commencé à travailler à Wavrin, près de Lille. — G. Durand / 20 Minutes
  • Sept agriculteurs sont déjà installés dans la zone maraîchère et horticole bio de la Métropole lilloise.
  • Ils travaillent en commun sur 35 hectares, à Wavrin, près de Lille.
  • Le projet a pris du retard à cause de fouilles archéologiques.

Quand la Métropole de Lille joue les fermiers. Depuis le mois de mars 2017, sept agriculteurs bio se sont installés à Wavrin, près de Lille, sur les 35 hectares (70 terrains de football) loués par la collectivité territoriale. Objectif : réduire la pénurie de produits bio locaux face à une demande urbaine de plus en plus forte et installer ainsi des circuits courts de distribution.

Travail en commun

Alexandre Vandromme a prévu de cultiver des fleurs coupées, des fraises et du maraîchage divers. « C’est la première fois que je vais m’installer à mon compte », raconte cet ancien employé d’un producteur de roses qui doit signer son bail en février 2018.

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Il est le dernier arrivé dans l’association « La voix des champs bio des Weppes », récemment créée autour de cette nouvelle exploitation agricole atypique. « La métropole de Lille nous a demandé de travailler en commun », précise Pierre-Olivier Boursigaux, président de l’asso. De toute façon, aucun n’aurait pu s’installer seul et ailleurs. « C’est impossible, le prix de la terre est bien trop élevé en métropole », note-t-il.

Ancien maçon reconverti

Philippe Bada a profité de l’opportunité pour se reconvertir. « Je suis épanoui dans ce nouveau boulot », assure cet ancien maçon. Marie Bardon, pour sa part, est titulaire d’un master de droit. Avec sa marque « Les herbes folles », elle a déjà trouvé deux restaurateurs du coin qui utilisent ses légumes. Bref, les premiers pas sont convaincants.

« Vis-à-vis de certains agriculteurs du coin, on a encore l’image de soixante-huitards avec des dreadlocks, mais l’installation s’est bien passée », raconte Pierre-Olivier Bousigaux. Seul bémol : le retard qui s’est accumulé.

Du retard à cause de fouilles archéologiques

Depuis 2001, la métropole est propriétaire de ce terrain acquis lors de l’élargissement de la route nationale adjacente. L’appel à projet pour développer cette zone maraîchère et horticole a été lancé en 2013, mais il a fallu passer par la case fouille archéologique. « Ça a pris un an supplémentaire. Il a fallu que je trouve un plan B car j’avais donné ma démission pour m’installer », peste Pierre-Olivier Boursigaux.

Aujourd’hui, la zone est en pleine effervescence. Bientôt, un pépiniériste bio doit venir compléter les effectifs. Il reste encore deux lots de 1,5 et 3 ha à louer et le tour sera joué.