Lille: Un téléphone pour prévenir les récidives de violences conjugales

JUSTICE Le procureur de Lille a tiré un premier bilan de l’utilisation du téléphone grand danger, un appareil spécial attribué sous conditions aux victimes de violences conjugales…

Gilles Durand

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Illustration de violences conjugales.
Illustration de violences conjugales. — A. Gelebart / SIPA

Un bip pour sauver une vie. A l’occasion du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, 20 Minutes fait le point sur une mesure mise en place depuis plus d’un an par le procureur de Lille : le téléphone grave danger.

Buzzer d'urgence

Le principe de ce téléphone est d’être directement programmé pour envoyer un message d’alerte aux forces de l’ordre en cas de danger. « L’astuce technique, c’est un buzzer d’urgence qui évite d’avoir à composer un numéro de téléphone. L’appareil est également géolocalisable », explique Marie-Eve Brunet, substitut du procureur en charge des affaires de violences conjugales au parquet de Lille.

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Six téléphones de ce type sont actuellement disponibles sur l’arrondissement de Lille. Ils ne peuvent être délivrés aux femmes victimes qu’après une décision judiciaire d’éloignement du conjoint. La seconde étape consiste à évaluer à la fois de la vulnérabilité de la victime et de la dangerosité de ce conjoint. A Lille, c’est le service d’aide aux victimes baptisé AIAVM, qui est chargé de cette mission.

« Par exemple, on aura tendance à privilégier ce téléphone pour les femmes dont le conjoint est toxico, alcoolique, récidiviste ou amoureux des armes », précise Gilles Dumez, directeur de l’AIAVM.

Alerte activée une seule fois

« Pour l’instant, il n’a été utilisé qu’une seule fois : un conjoint qui a tenté une approche alors qu’il était sous le coup d’une mesure judicaire d’éloignement. Mais tout s’est bien terminé », précise le procureur de Lille, Thierry Pocquet du Haut-Jussé.

Après une année d’expérience, un premier bilan a été tiré : dix-huit évaluations ont amené à attribuer quatre téléphones, à Lille, Roubaix et Tourcoing. Le dernier en date a été distribué, mercredi. « Il s’agit d’un placement sous contrôle judiciaire en attendant le procès. Cette fois, c’est la personnalité de la victime qui a conduit à cette décision », note la substitut du procureur.

Il est vrai que les violences conjugales occupent de plus en plus les tribunaux. A Lille, on note 41 comparutions immédiates cette année, alors qu’il n’y en a eu que 32 en 2016. A noter que, désormais, tous les parquets du département du Nord ont été dotés de ce genre de téléphone.