Nord: Le département dénonce le coût des mineurs étrangers non accompagnés

IMMIGRATION Le président du département du Nord, Jean-René Lecerf, ne mâche pas ses mots sur le « problème des mineurs non accompagnés étrangers »…

Mikael Libert

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Le président du département du Nord, Jean-René Lecerf.
Le président du département du Nord, Jean-René Lecerf. — M.Libert / 20 Minutes
  • Près de mille mineurs non accompagnés dans le Nord.
  • Le département dénonce le coût de leur prise en charge.
  • Une « stratégie pour faire plier l’Etat » selon une avocate.

Une question épineuse. Vendredi, le président (LR) du département du Nord, Jean-René Lecerf, a donné une conférence de presse sur les coûts engendrés par la prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés (MNA). Ses arguments ont fait bondir maître Emilie Dewaele, avocate spécialisée dans le droit des étrangers.

Ne pas « favoriser qui vous savez »

Jean-René Lecerf avait refusé de communiquer sur ce sujet avant l’élection présidentielle pour ne pas «favoriser qui vous savez », a-t-il dit. Sa bombe, il l’a donc lâchée, vendredi. « Au premier novembre, le département comptait 991 MNA à sa charge. Il en arrive cent de plus par mois et ces chiffres doublent chaque année », a-t-il assuré. Selon lui, « pour les 431 jeunes qui sont indiscutablement mineurs, accueillis dans les maisons d’enfants à caractère social (MECS), cela coûte près de 26 millions d’euros au département ».

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La loi oblige les départements, via l’aide sociale à l’enfance (ASE), à prendre en charge ces personnes une fois leur minorité reconnue. « Sur les 350 jeunes de 16-18 ans que nous devons héberger, 30 % ont pourtant été évalués majeurs par nos services, s’indigne le président du Nord. Ils font des recours au tribunal avec, comme seule preuve de leur âge, des actes de naissance douteux. Les juges se rangent à la présomption de minorité et nous condamnent à payer des astreintes pour les loger ».

Une « stratégie pour forcer l’Etat à prendre ses responsabilités »

« Ce sont des filières clés en mains qui savent comment on fonctionne », martèle Frank Berton, avocat du département, précisant que ces astreintes avaient déjà coûté 240.000 euros en un an. « Et à cause de ça, j’ai 200 jeunes nordistes en danger que je ne peux pas héberger », assure Doriane Becue, chargée de l’enfance au département.

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« Avec des arguments comme ça, ou comme la menace d’arrêter de payer le RSA, ils veulent remonter l’opinion publique, analyse maître Emilie Dewaele. C’est leur stratégie pour que l’Etat prenne les coûts à sa charge ». « S’il existait des filières et autant de faux papiers, pourquoi le parquet n’enquête-t-il pas ? En attendant, il y a des gosses qui dorment dans la rue, et c’est ça le vrai problème », s’emporte l’avocate.