Nord: Lancement de la concertation sur la police de sécurité du quotidien

SÉCURITÉ Le préfet du Nord se positionne pour expérimenter la police de sécurité du quotidien…

Mikael Libert

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Le préfet du Nord veut tester la PSQ (illustration).
Le préfet du Nord veut tester la PSQ (illustration). — C. Allain / 20 Minutes

Ce mercredi, Michel Lalande, préfet du Nord, a détaillé le dispositif de concertation pour mettre en place la police de sécurité du quotidien (PSQ). Avant la généralisation à l’ensemble du territoire, des expérimentations vont être menées, dès janvier 2018, dans une quinzaine de villes françaises. Le préfet du Nord veut en être.

Les concertations ont été lancées, fin octobre, et les préfets devront rendre leur copie à la mi-décembre. En mettant forces de l’ordre, institutions, acteurs de la sécurité privée, entreprises de transports collectifs autour de la table, le but est de définir l’attente de la population en termes de sécurité et d’y apporter une réponse.

Le département à toutes ses chances

« Nous avons réévalué à la hausse nos capacités d’intervention face à la menace terroriste, explique Michel Lalande, mais il ne faut pas oublier que les Français ont aussi besoin de se sentir protégés au quotidien ». Pour le patron des flics du Nord, le département « vaut bien cette expérimentation. Par l’importance et par les problématiques de sécurité rencontrées ».

Le préfet parle du département au sens large parce c'est le gouvernement qui choisira, au final, les territoires d'expérimentation. Ainsi, des villes comme Lille ou Maubeuge, en zone police, pourraient être désignées tout aussi bien que des communes rurales en zone gendarmerie.

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Luc-Didier Mazoyer, directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), assure que pour être efficace, la PSQ devra être « souple, déconcentrée et adopter des méthodes de travail alternatives ». Pour ce dernier point, il entend s’inspirer des gendarmes connectés, dotés de smartphones permettant l’accès aux différents fichiers.

« La simplification des procédures est une usine à gaz »

Quand on parle d’effectifs à allouer à cette fameuse PSQ, le préfet botte en touche : « Il faut déjà combattre la charge procédurale qui mobilise trop d’agents dans les bureaux au lieu d’être sur le terrain », affirme-t-il. Pas si simple selon Olivier Berton, délégué du syndicat Alliance : « La simplification des procédures est une usine à gaz qui ne peut être faite rapidement ».

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« La PSQ, ça part d’un bon sentiment, poursuit-il, mais on fait les choses à l’envers, dans l’urgence, comme d’habitude. Le bon sens voudrait que l’on fasse le bilan de ce qui existe déjà avant de se lancer là-dedans », regrette le syndicaliste.