Lille: Après un décès suspect dans une crèche, une salariée a été mise en examen

JUSTICE Quatre ans après le décès d’un nourrisson dans une crèche à Lille-Hellemmes, ses parents attendent toujours le procès…

Gilles Durand

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Photo du petit Tahina, prise le 30 septembre 2013, la veille de son décès.
Photo du petit Tahina, prise le 30 septembre 2013, la veille de son décès. — Hetsika
  • En octobre 2013, un bébé avait perdu la vie dans une crèche à Hellemmes.
  • Une auxiliaire de puériculture a été mise en examen en février 2017 pour homicide involontaire.
  • L’enquête avait montré que l’enfant était mort étouffé dans son vomi.

Précision : Dans l’article, nous évoquons le fait que le père de la victime attende toujours les condoléances de la part de la mairie d’Hellemmes. Le maire d’Hellemmes de l’époque nous a envoyé une copie du courrier qu’il a envoyé le lendemain du drame, le 2 octobre 2013, à la famille où il présente ses condoléances par écrit et son soutien de façon manuscrite.

Le 1er octobre 2013, Tahina, 4 mois, était récupéré mort par ses parents. C’était son second jour de crèche à Hellemmes, près de Lille. Quatre ans plus tard, son père attend toujours un procès pour faire le deuil. Le jour du drame, c’est lui qui avait dû appeler la police, affirme-t-il, convaincu que la mort de son fils était suspecte.

Etouffé dans son vomi

En juin 2014, une information judiciaire avait fini par être ouverte après que l’autopsie eut révélé un décès par étouffement dans son vomi. Il a fallu attendre le début d’année, en février, pour qu’une auxiliaire de puériculture soit mise en examen pour homicide involontaire, a-t-on appris cette semaine. Elle est soupçonnée d’avoir couché l’enfant sur le ventre pour la sieste – ce que les règlements interdisent — et de l’avoir laissé sans surveillance pendant deux heures.

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Mais depuis cette mise en examen, plus rien. « On s’attendait à ce que les responsabilités de ce drame ne s’arrêtent pas à cette débutante qui n’avait jamais travaillé avec des nourrissons, signale Me Laurence Bedossa, avocate des parents. Nous sommes persuadés que la mort de Tahina est due à un problème de fonctionnement de la crèche tout entière. »

Surveillance « anarchique » des siestes

Selon nos informations, le rapport de police parlait à l’époque de surveillance « anarchique » des siestes au sein de la crèche L’Amicloterie. Une salariée racontait qu’elle s’était étonnée du mode de fonctionnement qui ne correspondait pas à ce qu’elle avait connu auparavant.

Quatre années après le drame, le père en veut toujours à cette crèche. « On nous a remis notre enfant décédé et nettoyé dans les bras en voulant nous faire signer une décharge pour une mort subite du nourrisson », assure-t-il, encore en rage.

Par ailleurs, ce père endeuillé attend toujours les condoléances du maire de l’époque, Frédéric Marchand : « Il ne nous a jamais reçus ». Contactée par 20 Minutes après l’ouverture d’une information judiciaire 2014, la mairie d’Hellemmes avait fait savoir qu’elle ne communiquait pas sur une enquête en cours.