Lille a-t-elle vraiment besoin d’un nouveau service de vélos partagés?

MOBILITÉ Le réseau de vélos en libre-service Gobee. bike vient de se lancer dans la métropole lilloise…

Mikaël Libert

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Les vélos verts de Gobee.bike arrivent à Lille.
Les vélos verts de Gobee.bike arrivent à Lille. — Gobee.bike
  • Gobee.bike, service de vélos partagés, est arrivé à Lille.
  • Une offre jugée complémentaire au V’Lille.
  • Plusieurs milliers de vélos seront disponibles à court terme, selon le PDG.

Les rouges contre les verts. Ce jeudi a eu lieu le lancement officiel de Gobee. bike à Lille. Il s’agit d’un nouveau réseau de vélos partagés sans stations qui vient, selon son PDG, Raphaël Cohen, «  en complément du V’Lille » et avec la bénédiction de la Métropole européenne de Lille. Alors, concurrence ou entente cordiale ? Explications.

Gobee. bike a été lancé par deux entrepreneurs français en avril dernier à Hong-Kong. Pour son développement en Europe, c’est Lille qui a été choisie, « parce que la politique de la ville sur le vélo est dynamique et parce que le terrain est plat », explique Raphaël Cohen.

Pas de stations

Les vélos verts de Gobee. bike ne seront pas parqués dans des stations. « Les vélos sont géolocalisés sur une carte dans l’application pour smartphones. Ils peuvent être déposés et pris n’importe où », poursuit le PDG qui incite néanmoins les utilisateurs à garer leurs montures dans les parkings vélos, eux aussi localisés sur la carte.

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Le tarif à 0,5 euro par demi-heure est attractif. Plus cher que le V’Lille (gratuit la première demi-heure), « mais moins cher que la plupart des services de location de vélos », reconnaît-on à l’Association droit au vélo (ADAV). Et pour se rémunérer, l’entreprise mise « sur une utilisation massive ».

Des vélos par milliers

Sur le déploiement, Gobee. bike assure que 300 vélos sont déjà disponibles, essentiellement à Lille, mais aussi à Loos et Haubourdin, où V’Lille est absent. « Le but est d’être complémentaires, nous adapterons le nombre de vélos en fonction de la demande et cela peut rapidement monter à plusieurs milliers de bicyclettes », assure Raphaël Cohen contre 2.000 V’Lille actuellement en circulation.

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Pour la Métropole européenne de Lille (MEL), « l’arrivée de Gobee. bike ne va pas enrayer le développement du V’Lille », explique Anne Voiturier, en charge des déplacements doux, précisant que « quel que soit le budget alloué au V’Lille, ça ne suffira pas pour que le vélo atteigne l’objectif de 10 % du trafic ». Reste la question de l’implantation. Si Gobee. bike vise les grandes métropoles pour faire du chiffre, la MEL aimerait que les plus petites communes ne soient pas laissées pour compte. A suivre.