Lille: Deux policiers accusés de racket sur des vendeurs de roses

JUSTICE Deux anciens fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) sont suspectés de vols et de violences sur des vendeurs à la sauvette…

Mikaël Libert

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Les policiers sont accusés de racket sur des vendeurs de roses (illustration).
Les policiers sont accusés de racket sur des vendeurs de roses (illustration). — CHINE NOUVELLE/SIPA

La loi du plus fort. Mercredi, deux fonctionnaires de la Police aux Frontières (PAF) comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Lille pour des faits de racket et de violences envers plusieurs vendeurs de roses à la sauvette bengalis entre fin 2012 et début 2013.

Un des prévenus quitte l’audience

Dès le début de l’audience, mercredi matin, les avocats de Fabrice P., le principal prévenu, ont quitté le tribunal avec leur client. Ils avaient demandé le dépaysement du procès, requête qui leur avait été refusée à plusieurs reprises. Restait donc, seul à la barre, Yannick V., 30 ans, qui était adjoint de sécurité au moment des faits. Face à lui, cinq des six vendeurs de roses qui se sont portés parties civiles.

Le grand baraqué au crâne à moitié rasé doit répondre, comme son ex-collègue, d’extorsion par violence, de vol aggravé ou encore d’atteinte à la liberté individuelle. Toute l’affaire est partie d’une plainte déposée en février 2013 par un vendeur de roses. Celui-ci a affirmé que des policiers l’avaient ramassé rue Solférino avant de l’abandonner à Lesquin après l’avoir frappé. Le policier mis en cause c’est Fabrice P.

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Cette première plainte a donné du courage à d’autres vendeurs, qui ont déposé plainte à leur tour. Dans leurs dépositions, deux signalements revenaient toujours : ceux de Fabrice P. et de Yannick V. Ce dernier à la mémoire sélective. Il ne nie pas les contrôles, mais ne se souvient plus de qui. Il réfute les violences mais on a retrouvé sur lui un poing américain et un couteau de chasse.

Dans « un endroit calme »

Au gré des contrôles des vendeurs de roses, les ex-policiers sont accusés de leur avoir volé trente-cinq euros par-ci, quarante euros par-là, des roses et même 250 euros lors d’une visite au domicile de l’un d’eux. Souvent, les faits se déroulaient à la Citadelle, « un endroit calme » a reconnu Fabrice P. lors de ses auditions.

Il y a aussi des relents nauséabonds derrière tout ça. Dans l’entourage de Fabrice P. une personne a affirmé qu’il « détestait les étrangers ». La compagne de Yannick V., elle, ne comprend pas que l’on puisse défendre « des gens comme ça ». Opinion partagée « peut-être » par le prévenu.

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a requis des peines de 18 mois à trois ans de prison ferme à l’encontre des ex-policiers. La décision a été mise en délibéré au 29 novembre.