VIDÉO. Barrière effondrée à Amiens: Que faire pour prévenir les mouvements de foule dans les stades ?

FAITS DIVERS L’effondrement du garde-corps d’une tribune à Amiens relance le débat sur la sécurité dans les stades et sur le comportement des supporteurs…

Gilles Durand

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La police et les secours s'occupent des supporteurs blessés lors de l'effondrement d'un garde-corps, dans le stade de la Licorne, à Amiens, le 30 septembre 2017
La police et les secours s'occupent des supporteurs blessés lors de l'effondrement d'un garde-corps, dans le stade de la Licorne, à Amiens, le 30 septembre 2017 — AFP
  • L’effondrement d’un garde-corps dans le stade d’Amiens a entraîné la blessure de 29 personnes, dont un stadier.
  • Une polémique est née sur la vétusté du stade.
  • Le comportement des supporteurs a également été pointé du doigt.

L’accident relance les questions sur la sécurité dans les stades. Samedi soir, lors du match entre Amiens et Lille, le garde-corps d’une tribune du stade de La Licorne, à Amiens, a cédé provoquant la chute de dizaines de spectateurs. Bilan : 29 blessés, dont un stadier. Vétusté du stade ? Comportement des supporteurs ? Les questions n’ont pas tardé à surgir et une enquête a été ouverte par le procureur de la République d’Amiens pour « blessures involontaires ». 20 Minutes tente de faire le point.

La vétusté du stade. Le président d’Amiens Métropole, institution propriétaire du stade de la Licorne, Alain Gest, est formel : « Le stade n’est pas vétuste. Il a été homologué par la Ligue. Les travaux de rénovation de la toiture n’ont rien à voir avec cet accident ». Des accidents similaires ont d’ailleurs eu lieu à Lens (en septembre 215) et Bordeaux (en mai et en août 2015), il y a deux ans, dans des enceintes tout nouvellement rénovées. Le bas des tribunes se trouvant au niveau de la pelouse, il y avait eu moins de blessés (un à Lens, cinq à Bordeaux). A Amiens, les victimes ont fait une chute de 1,5 m.

 

Le comportement des supporteurs. A Amiens, comme à Lens ou bordeaux, ce sont des mouvements de foule qui sont à l’origine de ces incidents. Dans de nombreux stades de football, il est devenu coutumier pour certains supporteurs de manifester leur joie après un but en se précipitant contre les grillages au bas des tribunes, quitte à provoquer un phénomène très court d’étouffement. « Ce n’est pas le débat d’aujourd’hui souligne Alain Gest. Mais il faudra analyser ce qui se passe dans les stades. Ce genre de manifestations de joie n’arrive que dans le football. »

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Le Heysel et Hillsborough. Dans les années 80, deux drames avaient particulièrement endeuillé le monde du football. En 1985, lors de la finale de la coupe d’Europe entre la Juventus et Liverpool, un mouvement de panique provoque 39 morts et plus de 450 blessés. Quatre ans plus, en 1989, à Sheffield, 94 spectateurs perdent la vie dans le stade de Hillsborough. Les gens meurent étouffés à la suite d’un mouvement de foule car les grillages cèdent trop tardivement.

L’an prochain, en 2018, un procès aura enfin lieu pour définir les responsabilités des pouvoirs publics. Après ce drame, de nouvelles normes de sécurité avaient été mises en place : notamment des places assises et le fait qu’une barrière doive céder plus facilement sous la pression pour éviter les morts par asphyxie.