Lille: Expérimentation inédite de thérapie au laser contre les tumeurs du cerveau

SANTE Une unité de recherche lilloise teste actuellement une thérapie pour reporter les récidives du cancer du cerveau…

G.D. avec AFP
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Illustration d'une tumeur du cerveau.
Illustration d'une tumeur du cerveau. — F. Durand / SIPA

Un laser et un ballon contre les tumeurs malignes : une unité mixte de recherche lilloise teste actuellement sur des patients une thérapie photodynamique (PDT) inédite pour reporter les récidives inéluctables du glioblastome, le plus grave des cancers du cerveau.

Il est aussi le plus fréquent chez l’adulte, touchant quatre personnes sur 100.000, soit 20.000 personnes par an en Europe et 4.000 en France.

Quatre patients opérés

Les recherches de l’équipe « Onco-Thai » (Thérapies lasers assistées par l’image en oncologie), associant l’Inserm, le CHRU de Lille et l’Université de Lille, ont permis d’opérer, depuis mai, quatre patients atteints de glioblastome, ont expliqué le Dr Maximilien Vermandel et le Pr Nicolas Reyns, lors d’une conférence de presse, mercredi, à Lille.

Après l’ablation de la tumeur, et de concert avec une radio et une chimiothérapie, cette forme inédite de PDT localise et détruit sans dégâts collatéraux les cellules tumorales restantes, une des sources de récidives. Cela était habituellement rendu difficile par leur caractère épars.

Six années de travaux

Pour ce faire, à l’issue de six années de travaux, les chercheurs ont conçu une technique originale. Des molécules toxiques sont libérées dans les cellules tumorales - préalablement photosensibilisées - au contact d’un laser à la longueur d’ondes spécifique.

Un « ballonnet » épousant la forme de la cavité opératoire assure la projection optimale de la lumière.

Espérance de vie entre 14 et 18 mois

Les chercheurs espèrent ainsi améliorer la qualité de vie des patients et surtout repousser les récidives. ais ils restent prudents, les progrès médicaux n’ayant donné jusque-là aux patients que des répits de deux ou trois mois en moyenne, a souligné le Pr Reyns, neurochirurgien. L’espérance de vie médiane d’un porteur de glioblastome est située entre 14 et 18 mois.

« L’objectif est d’intégrer cette configuration unique dans le parcours de soin standard », d’ici deux ans minimum, a souligné le Dr Vermandel, physicien médical.

L’équipe travaille également à nouer des liens avec de potentiels partenaires européens afin d’impliquer plus de médecins à l’issue des 10 opérations menées à Lille.