Nord: Plomb et hydrocarbure polluent encore certaines écoles de la région

ENVIRONNEMENT L’association Robin des Bois dévoile les résultats d’une étude sur l’incidence d’une ancienne pollution industrielle sur l’air, l’eau et le sol dans les écoles…

Gilles Durand

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Illustration d'une école.
Illustration d'une école. — SIPA
  • L’association Robin des Bois comptabilise 19 établissements scolaires soumis à une pollution historique dans la région.
  • Le ministère de l’Ecologie a lancé une étude, il y a cinq ans, sur les conséquences des anciennes pollutions industrielles dans les écoles concernées.
  • Le plomb dans le sol est le problème le plus souvent observé.

Plomb dans le sol, hydrocarbure dans l’eau… Les « écoles toxiques » dans la région, ça existe. L’association Robin des Bois, spécialisée dans la surveillance des zones polluées en France, vient de dévoiler les diagnostics d’une étude menée par le ministère de l’Ecologie depuis 2012.

Mise en œuvre de mesures sanitaires,

Il s’agit de vérifier l’incidence des pollutions historiques sur l'air, l'eau et les sols des écoles construites à côté ou sur d’anciens sites industriels. « Nous applaudissons la démarche, mais les résultats n’ont jamais été rendus public alors que les enfants et les parents sont concernés », précise Jacky Bonnemains, porte-parole de Robin des Bois.

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Dans la région Haut-de-France, le département du Nord concentre 17 des 19 établissements scolaires les plus touchés par cette pollution historique, sur les 103 inspectés. Cette pollution a d’ailleurs nécessité la mise en œuvre de mesures sanitaires, ce dont les services de l’Education nationale ont été alertés.

Jardins pédagogiques inquiétants

Problème récurrent : la présence de plomb dans le sol. Notamment dans quatre groupes scolaires lillois et trois roubaisiens. L’association Robin des bois y déconseille fermement la consommation des produits récoltés dans les jardins pédagogiques.

Ailleurs, c’est l’eau du robinet qui peut poser problème. Au groupe scolaire Saint-Paul, dans le quartier de Wazemmes, à Lille, une analyse de l’eau a mis en évidence la présence d’hydrocarbure, tout comme à l’Institut de rééducation Debeyre de Louvroil.

Laisser couler l’eau 2 à 3 minutes

Dans l’école Louise-Michel de Mouy, dans l’Oise, Robin des Bois préconise même de « laisser couler 2 à 3 minutes au moins tous les matins et le plus fréquemment possible dans la journée avant de consommer l’eau » à cause de la présence de solvants chlorés. L’établissement est en effet situé sur un ancien site de fabrication de moules métalliques puis de composants électroniques jusqu’en 1982.

« Les écoles et autres lieux d’accueil des enfants ont souvent été construits sans tenir compte des pollutions historiques des sols et de la dispersion des déchets coutumière des XIXe et XXe siècle. La scolarisation s’est installée sans frais et sans soucis sur la désindustrialisation », constate Robin des Bois.