Valenciennes: Grand n'importe quoi! Viré dimanche, Faruk Hadzibegic dirige l'entraînement mardi

FOOTBALL Viré dimanche par son président, l’entraîneur valenciennois a pourtant bien dirigé l’entraînement ce mardi, faute d’accord trouvé avec le club…

Francois Launay

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Faruk Hadzibegic consolé par les supporters du VAFC
Faruk Hadzibegic consolé par les supporters du VAFC — F.Launay/20 Minutes
  • VAFC reste sur deux défaites en Ligue 2 et occupe la 14e place du championnat.
  • Les supporters valenciennois ont manifesté leur soutien au coach bosnien et leur désapprobation à la direction du club durant l'entraînement de ce mardi.

Proche de la Belgique, pays du surréalisme, Valenciennes a décidé d’imiter ses voisins le temps d’une matinée. Ce mardi au centre d’entraînement du 14e de Ligue 2, les scènes mythiques n’ont cessé de se multiplier. Pour comprendre le comment du pourquoi de cette matinée qui restera dans les annales, il faut remonter quelques heures en arrière.

Dimanche, 18h30. Convoqué par SMS, Faruk Hadzibegic apprend de la bouche de son président Eddy Zdziech qu’il est limogé. « Il m’a juste annoncé qu’il voulait se séparer de moi », raconte le coach.

Si le club restait sur deux défaites d’affilée, rien ne laissait présager une telle issue au vu du classement du club (14e) après neuf journées. Mais officieusement, les relations du coach avec son président étaient tendues depuis plusieurs mois, la faute à un recrutement qu’Hadzibegic a souvent découvert à son insu.

Lundi, 9 heures. Le représentant de Faruk Hadzibegic vient négocier les conditions du licenciement avec Eddy Zdziech. Mais très vite, les discussions tournent court. Faute d’accord, le représentant repart et le président de VA rappelle son entraîneur vers 20 heures pour lui demander… de venir diriger la séance de mardi.

Mardi, 9 heures. Histoire de ne pas se mettre à la faute, Hadzibegic se pointe au centre d’entraînement du Mont Houy. Il y retrouve ses joueurs mais aussi son président qui s’adresse à l’effectif. « Le président a parlé à tout le monde. D’abord avec les cadres de l’équipe, puis les joueurs, puis le staff. Il a dit que j’avais mal compris et a dit que je restais l’entraîneur de Valenciennes. Mais je ne m’attends pas à des miracles. C’est une question de jours », pense le coach.

Mardi, 10 heures 30. Les joueurs sortent s’entraîner. Hadzibegic arrive avec eux sur le terrain et voit une trentaine de supporters pénétrer sur la pelouse pour le consoler et le remercier. Les larmes montent aux yeux du coach qui salue les fans et part débuter la séance. Les supporters entonnent des « Merci Faruk » et des « Président dehors ».

Mardi, 10 heures 45. Très remontés, une dizaine de fans se pointe à l’entrée des bureaux du centre d’entraînement pour avoir une explication avec le président. « On veut des explications. Pourquoi on limoge l’entraîneur alors que les résultats ne sont pas si catastrophiques », lâche l’un d’entre eux.

Mardi, 11 heures. Le président sort du centre d’entraînement et se pointe au milieu des supporters. Quelques invectives pleuvent avant qu’Eddy Zdziech prenne la parole. Et le président affirme d’abord que Faruk Hadzibegic reste bien entraîneur du VAFC. « Il est en train d’exécuter son contrat de travail. Je suis en phase de réflexion pour la suite », explique le président.

En filigrane, le patron du club fait comprendre qu’il n’est pas satisfait des résultats au vu de l’effectif recruté cet été. Mais jamais le mot limogeage ou séparation n’est prononcé. Officiellement, l’entraîneur sera sur le banc vendredi à Orléans.

Mardi, 12 heures 30. La séance terminée, Faruk Hadzibegic vient s’exprimer devant la presse. S’il affirme être encore l’entraîneur Son dégoût de la situation transparaît rapidement. « Je suis vraiment très surpris de la situation qui s’est créée sans que je sois ni fautif ni responsable. Franchement, je comprends peu de chose. Je n’ai jamais vécu ni connu ça ailleurs. Je vis ça très mal. J’ai pris une gifle. Je ne sais pas comment m’en remettre. Là, c’est dur pour moi. C’est une attaque frontale sur moi. Et je ne suis pas un menteur », lâche le coach au bord des larmes.

Et maintenant ? Si Hadzibegic, pour des raisons de procédure, est encore le coach du VAFC, ça ne devrait pas durer longtemps. On voit mal désormais comment Hadzibegic et son président peuvent continuer à travailler ensemble. « Il ne faut pas toucher l’homme, ni manquer de respect. Je suis très touché », a conclu l’entraîneur.

Sauf miracle, le coach ne sera pas sur le banc vendredi à Orléans. La trêve internationale qui va suivre devrait permettre au président de trouver un nouvel entraîneur. Quant à l’image laissée, elle est tout simplement désastreuse.