Pas-de-Calais: On va enfin pouvoir acheter le fameux vin de terril

GASTRONOMIE Produit à Haillicourt depuis 2014, le « Charbonnay » était interdit à la commercialisation…

Mikael Libert

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les vendanges sur le terril d'Haillicourt.
les vendanges sur le terril d'Haillicourt. — M.Libert / 20 Minutes
  • De la vigne a été plantée en 2011 sur un terril à Haillicourt.
  • Les premières vendanges ont eu lieu en 2014.
  • Il y aura environ 800 bouteilles de millésime 2017. L’autorisation de commercialisation arrivera d’ici à 2018.

Le Pas-de-Calais est désormais un territoire viticole. Cela fait maintenant six ans que quelques illuminés ont lancé de pari de cultiver de la vigne sur un terril, à Haillicourt, près de Béthune, dans le Pas-de-Calais. Leur persévérance a payé. Non seulement ça fonctionne plutôt bien mais, en plus, les ch’tis vignerons vont bientôt obtenir l’autorisation de commercialiser leur breuvage.

Depuis la première vendange, en 2013, escalader le terril n° 9 de la fosse 2bis pour aller cueillir le raisin a toujours été l’occasion d’une belle fête pour les membres de l’association 2bis & Tertous. Cette année encore, une trentaine de personnes se sont partagé sécateurs et bassines pour apporter religieusement en bas du terril les précieuses grappes de chardonnay.

Une production en hausse

La bonne surprise, outre le soleil, ce fut la quantité de raisin récolté. « L’année dernière, nous avons pu produire environ 400 bouteilles, explique Aurlien Chutaux, membre de l’association. Là, on va certainement doubler la mise. »

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Un petit verre à la main, Arnaud Daudier de Cassini confirme. Ce vigneron de Saint-Emilion est aussi actionnaire de la société qui exploite la vigne du terril : « Nous attendons beaucoup du millésime 2017. Le 2014, lors d’une dégustation à l’aveugle, n’avait pas eu à rougir à côté des meilleurs chardonnays », lance-t-il fièrement.

Un petit coup de pression pour ce vin blanc que les viticulteurs ont appelé « charbonnay » et qui est en passe d’entrer dans la cour des grands. « Une directive européenne a ordonné la libéralisation de la culture de la vigne. Nous devrions obtenir, d’ici à 2018, l’autorisation de commercialiser le charbonnay », précise Aurélien Chutaux.

Un « bon rapport qualité prix »

Jusqu’alors, seuls les membres de l’association avaient droit à une bouteille, en échange de la cotisation de 45 euros. Un prix qui sera équivalent dans le commerce. « C’est un bon rapport qualité prix », assure Arnaud Daudier. « Il y a le côté rare et folklorique du produit qui entre aussi en compte », ajoute Christophe Verkindre, un autre actionnaire de la société.

L’entreprise n’est pas encore rentable. « A 1 000 bouteilles, nous pourrions être à l’équilibre », calcule Christophe Verkindre. Et, pour augmenter la production, ils envisagent de coloniser d’autres terrils.