Lille: «L’achat d’armes est légal» a plaidé l’avocat de Claude Hermant dans l’affaire de trafic d’armes

PROCES Après six jours d’audience, le procès pour trafic d’armes, sur fond d’attentat à Paris en janvier 2015, a pris fin samedi avec les plaidoiries des avocats…

G.D. avec AFP

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Illustration d'avocat au tribunal de Grande Instance de Lille.
Illustration d'avocat au tribunal de Grande Instance de Lille. — M.LIBERT/20 MINUTES

« L’achat d’armes est légal. » Me Maxime Moulin a été le dernier des dix avocats à plaider, samedi, lors du dernier jour du procès pour trafic d’armes qui impliquait son client, Claude Hermant, figure de l’extrême-droite identitaire lilloise, âgé de 54 ans.

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Ce dernier était le principal mis en cause de cette affaire où planait l’ombre de l’attentat de l’Hyper Cacher, à Paris, en janvier 2015. En effet, six armes, que Claude Hermant est soupçonné d’avoir importées depuis la Slovaquie, s’étaient retrouvées entre les mains du terroriste Amedy Coulibaly.

Un trafic d’environ 460 armes à feu

Dans cette affaire ont comparu, pendant une semaine, dix prévenus accusés d’avoir organisé un trafic portant sur environ 460 armes à feu.

L’avocat de Claude Hermant a donc plaidé la relaxe, s’engouffrant dans les « interstices » juridiques de la réglementation française et européenne en matière d’armes, « la pierre angulaire » sur laquelle le parquet aurait dû « s’interroger plus longtemps ».

L’arsenal acquis en Slovaquie via la société de la compagne de Claude Hermant, « ce ne sont pas des armes mal neutralisées mais des armes de tir à blanc », a-t-il distingué, ajoutant que leur réactivation n’était démontrée par « aucune expertise ».

Opération sauvetage de la gendarmerie

Me Maxime Moulin a également dénoncé « l’opération sauvetage de la gendarmerie » durant ce procès. Claude Hermant était, en effet, un « indic » des douanes, puis des gendarmes.

Les dépositions, parfois confuses, à la barre de gendarmes, mercredi, et d’un douanier, jeudi, soupçonné lui d’en avoir profité pour lui acheter une arme, ont jeté le trouble sur le rôle des forces de l’ordre. Claude Hermant aurait-il pu bénéficier d’un « blanc-seing » de leur part ?

« Le bal des faux-culs »

« C’était le bal des faux-culs », a ironisé Me Moulin, dénonçant une « incitation à la commission d’une infraction » de la part des militaires aux pratiques flirtant avec « la + barbouzerie + » pour obtenir plus que de simples renseignements. Son client avait plusieurs fois relié ses approvisionnements à sa mission d’informateur et d’infiltré.

Le ministère public a requis vendredi à l’encontre du militant de l’ultra-droite dix ans de prison, soit la peine maximale encourue, ainsi que 150.000 euros d’amende, en raison de ce trafic mais aussi de « l’immense escroquerie des déclarations de Claude Hermant ».

La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 9 octobre.