Coupe Davis: Pourquoi les Bleus n'ont vraiment, mais vraiment pas, le droit de se planter

TENNIS L'équipe de France part ultra-favorite de cette demi-finale à domicile face à la Serbie qui débute vendredi au stade Pierre Mauroy de Villeneuve d'Ascq...

Francois Launay

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 Nicolas Mahut, Pierre-Hugues Herbert,Lucas Pouille, Jo-Wilfried Tsonga et leur capitaine Yannick Noah avant la demi-finale face à la Serbie
The Davis Cup game will be played from September 15 to 17, 2017 in Lille.  / AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN
Nicolas Mahut, Pierre-Hugues Herbert,Lucas Pouille, Jo-Wilfried Tsonga et leur capitaine Yannick Noah avant la demi-finale face à la Serbie The Davis Cup game will be played from September 15 to 17, 2017 in Lille. / AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN — AFP
  • Avec l'absence de ses trois meilleurs joueurs dont la star Djokovic, la Serbie est largement prenable. 
  • Le meilleur joueur serbe, Dusan Lajovic, est 85e mondial. 
  • Depuis le début, les Bleus ont bénéficié d'un tableau très favorable. 

Le suspense semble aussi insoutenable quela désignation de Paris pour les JO 2024. S’il reste la glorieuse incertitude du sport, on a du mal à voir comment les Bleus pourraient se prendre les pieds dans le tapis ce week-end à Lille en demi-finale de la coupe Davis. Face à la Serbie, l’équipe de France partira largement favorite au point qu’une élimination aurait vraiment du mal à passer. On vous explique pourquoi.

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Parce que l’équipe serbe est un répertoire d’inconnus

La star Djokovic ? Forfait depuis janvier. Le numéro 2 serbe Troicki ? Soi-disant diminué physiquement. Tipsarevic, le numéro 3 ? Forfait aussi officiellement pour blessure. Bref, comme ne le reniait pas un certain Raymond Domenech en son temps, il a fallu racler les fonds de tiroir pour monter une équipe face aux Bleus. Au point que le leader serbe ce week-end sera Dusan Lajovic, impressionnant… 85e joueur mondial. Pour l’accompagner en simple, ce sera Laslo Djere, 98e joueur mondial.

Enfin en double, on tremble d’avance avec la présence de Filip Krajinovic (126e) mais aussi, plus original, du capitaine serbe Zimonjic, qui délaissera le banc pour la raquette samedi. « Tout le monde nous dit que c’est une formalité. On essaie d’être lucides pour savoir que le match va être difficile. Ça ne va pas être évident », tente de faire peur Yannick Noah, le capitaine des Blues. Mais sans faire injure à personne, on a connu adversité bien plus redoutable pour une demi-finale de coupe Davis.

Parce qu’un tableau comme ça, ça n’arrive qu’une fois tous les 100 ans

En fin d’année quand le tirage au sort de l’édition 2017 est tombé, on ne faisait pas trop le malin côté français. « Quand on a commencé la saison, on avait un tableau pourri », rappelle Yannick Noah à juste titre. Mais les mois sont passés et les stars adverses, pour blessure, manque d’intérêt ou les deux ont déclaré forfait.

Pas de Nishikori avec le Japon en huitièmes, pas d’Andy Murray en quarts avec la Grande Bretagne et donc pas de Djoko avec la Serbie en demie. En huitièmes et en quarts, la France a plié l’affaire dès le double. Quant aux adversaires rencontrés, le mieux classé était le Britannique Kyle Edmund, 46e joueur mondial. Le chemin qui devait être épineux doit normalement se transformer en promenade de santé vers une finale face à l’Australie ou la Belgique.

Parce que la coupe Davis peut être l’arbre qui cache la forêt vierge

2017 annus horribilis. Avec un seul Français en quart de finale (Tsonga en Australie) sur les quatre Grand Chelem, le tennis masculin n’avait pas connu une telle disette depuis douze ans. Entre blessures et méformes, les Bleus n’ont pas brillé cette année. Pour se rattraper et sauver ce qui peut l’être, il y a une coupe Davis à aller chercher, un saladier d’argent que les Français n’ont plus soulevé depuis 2001.

L’occasion est trop belle pour passer à côté. Paradoxe de l’histoire, alors que le trophée semblait longtemps promis aux quatre hommes du Mousquetaire’s Project (Tsonga, Monfils, Gasquet, Simon), il pourrait être remporté avec un seul homme (Tsonga) de cette génération perdue qui n’a toujours remporté aucun Grand Chelem.