Procès de trafic d'armes à Lille: Claude Hermant, source «intéressante pour les trafics de stup»

JUSTICE Les audiences ont débuté, lundi, et doivent se poursuivre jusqu’à vendredi…

M.L. avec AFP

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Claude Hermant en octobre 2011 à Lille
Claude Hermant en octobre 2011 à Lille — P. HUGUEN / AFP

Claude Hermant, soupçonné d’être au cœur d’un trafic d’armes dont six ont servi à Amedy Coulibaly dans l’attentat de l’Hyper Cacher, présentait un « fort potentiel » d’indicateur, a expliqué, mardi, un des prévenus à son procès devant le tribunal correctionnel de Lille.

« J’ai connu Claude Hermant fin 2010, je l’ai décrit comme ayant un fort potentiel, avec de nombreuses connexions, à mon chef de service », a déclaré à la barre Sébastien L., 42 ans, agent des douanes, soulignant qu’Hermant pouvait être une source intéressante notamment « sur des affaires de stups ».

Présenté aux gendarmes par un douanier

Lorsque le président Marc Trevidic l’interroge sur les raisons de la radiation d’Hermant comme indicateur auprès des services des douanes en 2012, il répond : « M. Hermant, sur une affaire de stupéfiants, a impliqué des fonctionnaires des douanes ».

Sébastien L. le présentera ensuite aux gendarmes. Trois d’entre eux doivent être entendus mercredi matin comme témoins pour s’expliquer sur le rôle d’Hermant en tant qu’informateur.

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Claude Hermant, 54 ans, figure de l’extrême droite identitaire lilloise, en détention provisoire depuis janvier 2015, est le prévenu « transversal », selon le terme du président du tribunal, de cette vaste affaire portant sur près de 500 armes. Six d’entre elles ont fini dans les mains du djihadiste Amedy Coulibaly, qui a assassiné, en janvier 2015, quatre personnes dans un Hyper Cacher à Paris, avant d’être tué. La veille, il avait assassiné une policière à Montrouge.

D’après sa défense, Hermant a importé des armes démilitarisées d’Europe de l’Est via la société de sa femme, pour conduire des missions d’infiltration et de renseignement.

« Ils ont laissé faire car ils pensaient que son activité était plus limitée »

Selon Jean-Yves Moyart, avocat d’un des dix prévenus qui encourent tous dix ans de prison pour trafic d’armes en bande organisée, « aucun douanier, policier ou gendarme n’a dit à Hermant ''commande 150 armes en Slovaquie pour infiltrer un réseau''. Ils ont laissé faire car ils pensaient que son activité était plus limitée ».

D’après Muriel Cuadrado, autre avocate, « le problème est qu’il n’y a pas beaucoup de traces avec ses agents traitants et notamment aucune trace d’échanges avec Samir Ladjali ».

Ce dernier, un Roubaisien au casier bien fourni, mis en examen dans le volet parisien du circuit des armes de Coulibaly, est considéré comme l’un des intermédiaires entre Hermant et le jihadiste. Ladjali pourrait être entendu par le tribunal mercredi après-midi.