Lille: Quand un robot humanoïde va à l'école à la place d'enfants hospitalisés

SANTE Le Centre Oscar Lambret de Lille accueille l’expérimentation de téléprésence du robot NAO dans son service d’oncologie pédiatrique…

Julie Goujon

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Grâce au robot avatar NAO, les enfants hospitalisés pendant longtemp peuvent rester en contact avec l'école et la maison.
Grâce au robot avatar NAO, les enfants hospitalisés pendant longtemp peuvent rester en contact avec l'école et la maison. — Yves Gellie
  • Le projet Avatar Kids est à destination des enfants hospitalisés sur une longue durée
  • Via un robot, ces enfants peuvent rester en contact direct avec l’école ou la maison
  • Le Centre Oscar Lambret en fait l’expérimentation, pour la première fois en France

NAO est un robot humanoïde. Il est testé, pour la première fois en France, au service d’oncologie pédiatrique du Centre Oscar Lambret, à Lille. La mission de ce petit robot est « d’aller » à l’école à la place d’enfants malades, hospitalisés durant un ou plusieurs mois. Pour l’instant le projet, lancé par Avatar Kids, est juste une opération test.

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Le fonctionnement est simple. NAO porte, sur sa tête, un téléphone portable relié, par wifi, à une tablette qu’utilise l’enfant hospitalisé. Installé en classe, auprès des autres élèves, le robot permet au jeune patient de suivre la classe, faire les exercices, communiquer avec ses camarades ainsi qu’avec sa maîtresse.

Renforcer le lien social

Contacté en novembre 2016 par Avatar Kids, le service d’oncologie pédiatrique d’Oscar Lambret se posait déjà des questions sur la scolarisation de certains enfants. « On leur suggère de ne pas aller à l’école lorsque le traitement est trop lourd ou qu’il existe un risque infectieux. Du coup, pendant environ un mois, l’enfant n’est pas scolarisé », explique la chef du service, Anne-Sophie Defachelles, à 20 Minutes.

Les patients sont tout de même accompagnés par une enseignante de l’éducation nationale qui leur fait classe, au sein de l’hôpital. « Ce projet renforce le lien social de l’enfant. Il lui permet de garder le contact avec ses camarades, et facilite également sa réintégration scolaire. C’est aussi un bon outil pour démythifier l’hôpital, le cancer, auprès des élèves et de leurs parents », continue le docteur Defachelles.

Pour l’instant, un seul robot pour le service

Si le robot NAO est un « outil magnifique », selon l’hôpital, il nécessite une logistique importante. Le premier test, réalisé au printemps 2017, avait demandé un travail de persuasion sur toute la hiérarchie enseignante et un dialogue avec les parents d’élèves, puis avec les élèves eux-mêmes. Pour l’instant, le Centre Oscar Lambret ne possède qu’un robot, au prix de 22.000 euros, et doit déterminer pour quel patient et à quel moment NAO devra être utilisé.