Lille: Pour Martine Aubry, Emmanuel Macron «organise la généralisation des emplois précaires»

POLITIQUE La maire de Lille s'est exprimée ce mercredi matin sur la politique du gouvernement...

F.L. avec AFP

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Lille, le 13 octobre 2016. Conference de presse de rentree de la maire de Lille, Martine Aubry sur le site de Fives Cail.
Lille, le 13 octobre 2016. Conference de presse de rentree de la maire de Lille, Martine Aubry sur le site de Fives Cail. — M.Libert/20 Minutes

Concentrée sur l’organisation de la Braderie de Lille,Martine Aubry, s’était peu exprimée ces dernières semaines sur l’actualité nationale. Mais la maire (PS) de Lille s’est rattrapée ce matin sur France Inter.

L’ancienne première secrétaire du PS a estimé mercredi qu'Emmanuel Macron et son gouvernement avaient pris « un mauvais départ », les accusant notamment d’organiser « la généralisation des emplois précaires » à travers la révision du Code du travail.

« Aujourd’hui, on commence à voir un peu clair sur ce que j’appellerais un mauvais départ de la part du président de la République et de son gouvernement. D’ailleurs les Français les jugent sévèrement et je crois qu’ils ont raison », a déclaré l’ex-ministre du Travail puis des Affaires sociales.

« Aucune des priorités de la France aujourd’hui n’est traitée »

Selon l’ex-numéro un du PS, « aucune des priorités de la France aujourd’hui [….] n’est traitée » : « l’emploi, quand on commence à supprimer les emplois aidés, le pouvoir d’achat, quand on baisse l’APL et qu’on taxe les retraités avec la CSG, la croissance […], la préparation de l’avenir, l’université et la recherche ».

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« Au lieu de ça », a repris Martine Aubry, « qu’est-ce qu’on a ? La précarisation des salariés et une politique d’austérité ». Rappelant que pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait prôné une réduction des dépenses publiques de 60 milliards et un plan d’investissement de 50 milliards, elle a affirmé qu'« on commence à voir les 60 milliards mais on ne voit pas les autres ».

« On reprend les vieilles recettes des années 80, du Medef »

Avec la réforme du Code du travail, « on reprend les vieilles recettes des années 1980, du Medef. Point ». « Croire que c’est en précarisant les salariés, en les licenciant plus facilement, en contournant les syndicats, en accroissant le pouvoir unilatéral du chef d’entreprise, qu’on rendra les entreprises plus compétitives, c’est vraiment une vision du passé ».

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Pour Martine Aubry, « la réforme profonde » vue par Emmanuel Macron, « c’est la généralisation des emplois précaires ». « On pourra se faire succéder les CDD autant de fois qu’on veut, sur les délais qu’on veut, on pourra licencier avec un motif économique absolument incontrôlable - ça améliore la compétitivité de l’entreprise -, on pourra délocaliser » puisque ne sera prise en compte que la situation d’un groupe « en France, et pas à l’étranger ».