Roubaix: Les victimes de violence ne peuvent plus faire appel au médecin légiste de l'hôpital

SANTE La suppression du service de médecine légale à l’hôpital de Roubaix alerte certains élus…

Julie Goujon

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Roubaix, le 25 fevrier 2013. L'entree du service des urgences de l'hopital Victor Provot.
Roubaix, le 25 fevrier 2013. L'entree du service des urgences de l'hopital Victor Provot. — M.LIBERT/20 MINUTES
  • L’hôpital de Roubaix a supprimé le poste de médecin légiste.
  • Ce médecin était chargé d’ausculter les personnes victimes de violence.
  • Certains élus s’émeuvent de cette suppression de poste.

Le poste de médecin légiste avait été créé en 2001. Depuis la fin du mois d’août, la direction du centre hospitalier de Roubaix a décidé de le supprimer. Ce service de proximité accueillait notamment les victimes de violence qui doivent désormais se rendre au CHRU de Lille pour faire constater leurs blessures. La situation en inquiète plus d’un.

Plus reconnu par le ministère de la Justice

La direction de l’hôpital de Roubaix a expliqué à La Voix du Nord, que son service de médecine légale n’était plus reconnu par le ministère de la Justice depuis 2010. En cause, la répartition des pôles de médecin légiste qui a été modifiée. L’hôpital estime ne plus avoir les moyens de financer un tel service.

Pour le conseilleur municipal (EELV) de Lille, Jérémie Crépel, ce « manque de financement » a plusieurs conséquences. Il apparaît comme un nouvel obstacle aux démarches des victimes, parmi lesquels les femmes violentées.

Un risque de voir disparaître les preuves

« Quand vous êtes victime de violence, ça n’est déjà pas évident de porter plainte, que ce soit au niveau psychologique ou physique, mais alors si, en plus, il faut se déplacer au CHR de Lille…, déplore le délégué à la Santé de la mairie lilloise. En outre, cette absence de service de proximité est un risque de ne pas pouvoir faire constater rapidement les blessures, et de voir disparaître les preuves ».

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D’autres élus du Nord, comme Francis Vercamer, ont également pris position dans cette affaire. Le député UDI déclare sur son compte Facebook « regretter cette décision qui ne tient pas compte des situations sociales et précaires des populations de [l'] agglomération ».

« Effarant ! Scandaleux ! ». Ce sont, par ailleurs, les adjectifs employés par le collectif Droit des femmes pour qualifier « la motivation de cette fermeture ».