Ligue 2: Pourquoi le RC Lens nage en plein cauchemar

FOOTBALL Battu lundi à Orléans, le club artésien a enregistré sa cinquième défaite en cinq matchs de Ligue 2...

Francois Launay

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Le RC Lens pourrait retrouver des couleurs
Le RC Lens pourrait retrouver des couleurs — m.libert / 20 minutes
  • Avec cinq défaites en cinq matchs, le club vit le début de saison le plus compliqué de son histoire.
  • Joueurs, entraîneurs, dirigeants, les responsabilités sont multiples.

C’est du jamais vu. Depuis sa création, le RC Lens n’avait jamais aussi mal commencé une saison. Après cinq journées de Ligue 2, le club, battu lundi à Orléans (2-0), a enregistré cinq défaites.

Avant dernier au classement avec zéro point au compteur, le Racing est loin, très loin, trop loin de ses ambitions de remontée en Ligue 1. Plus gros budget du championnat, le club, racheté il y a un an par la société luxembourgeoise Solferino, marche à l’envers. Comment en est-on arrivé là ? Quelques éléments d’explication.

Un recrutement raté

Après avoir raté les barrages à la dernière seconde de la dernière journée la saison dernière, le Racing comptait bien repartir à l’assaut de la Ligue 2 en se renforçant. Alors que le mercato touche à sa fin, Lens a déjà recruté huit joueurs.

Problème : aucun d’entre eux ne s’est pour l’instant véritablement imposé. Si Maadri et Tasoulis se sont blessés rapidement, si Chantôme est arrivé il y a peu, si Hafez vient de revenir et si Markovic vient de jouer ses premières minutes, les Dankler, Lemos et Lendric, sont pour l’instant de grosses déceptions.

Recrutés par le staff précédent d’Alain Casanova, ces éléments ne rentrent pas forcément en compte dans les plans d’Eric Sikora, le nouvel entraîneur lensois. Bref, il reste deux petits jours pour sauver ce qui peut encore l’être mais Lens a déjà pris beaucoup de retard.

Un changement d’entraîneur après seulement quatre journées

Le fusible a rapidement sauté. Peu apprécié d’une frange active des supporters, coupable de ne pas avoir accroché les barrages et surtout d’avoir raté dans les grandes largeurs le début de saison du club, Alain Casanova, arrivé en juin 2016, a été limogé le 19 août dernier après la défaite du Racing à domicile contre Brest (2-4).

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Pour calmer la vindicte populaire, Eric Sikora, une légende des Sang et Or, a été appelé au chevet du club. Pour l’instant, le choc psychologique se fait attendre.

Après deux matchs aux commandes du club, « Siko » compte déjà deux défaites. L’une en coupe de la Ligue à Lorient (.3-2), l'autre lundi en championnat Orléans (2-0). La trêve internationale ne sera pas de trop pour faire travailler un groupe qui manque de préparation physique selon le nouveau staff qui s’est étonné des méthodes utilisées par ses prédécesseurs.

Une direction coupée en deux

L’événement a pu paraître un peu inaperçu aux yeux du grand public. Et pourtant, c’est une vraie passation de pouvoirs qui s’est produite cet été au RC Lens. Président du club depuis 1988 presque sans discontinuer (sauf en 2012/2013), Gervais Martel a perdu une bonne partie de ses pouvoirs de décision au profit d’Arnaud Pouille, nommé directeur général du club.

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Une décision prise par Joseph Oughourlian, l’actionnaire principale du club, et vrai patron du Racing. Depuis, des fidèles de Martel ont quitté le club, d’autres ont perdu de l’importance au sein du club. Dans le même temps, des personnes sont montées en grade faisant ressortir pas mal de ressentiment. Les couloirs de la Gaillette, centre névralgique du RC Lens, sont parsemés de peaux de banane

Des supporters qui fulminent

Bien sûr, il y a la partie émergée de l’iceberg, celle qui envahit le terrain de Bollaert en plein match pour manifester son mécontentementcomme ce fut le cas lors du match contre Brest. Une attitude qui ne sert à rien sinon à plomber encore plus l’image du club. Mais au-delà de cette minorité agissante, il y a surtout énormément de supporters lassés des feuilletons à répétition que vit leur club de cœur.

Depuis dix ans, de déceptions en désillusions, ils ont tout supporté même le fait que leur club n’ait joué que trois saisons de Ligue 1 pour sept saisons de Ligue 2. Bref, leur patience a des limites car à ce rythme-là, c’est le désamour qui guette Lens et c’est sans doute là le plus gros danger.