Présidence de LR: Cinq choses à savoir sur Daniel Fasquelle

POLITIQUE Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais, fait figure d’outsider dans la bataille pour la présidence du parti Les Républicains…

Olivier Aballain

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Daniel Fasquelle, député (LR) du Pas-de-Calais
Daniel Fasquelle, député (LR) du Pas-de-Calais — Jacques Witt/SIPA
  • Sanctionné pour des échauffourées à l’Assemblée nationale lors du débat sur le mariage pour tous.
  • Des SMS et courriers tendus avec Gérald Darmanin.

Il sera le challenger officiel de l’élection. Le député LR du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle (54 ans), a décidé de se lancer dans la course à la présidence de son parti, face à l’archi favori Laurent Wauquiez. L’ancien maire du Touquet, relativement inconnu du grand public, assume déjà depuis 2014 la difficile tâche de trésorier national du parti. Mais il a d’autres cartes dans sa main.

Macron, même pas peur. C’est son plus récent fait d’armes. Mis en ballotage défavorable avec 2.000 voix de retard au premier tour des législatives par Thibaut Guilluy, le candidat La République en marche, Daniel Fasquelle a totalement inversé la tendance au 2e tour, le 18 juin. La présence de la belle-fille d’Emmanuel Macron, en tant que suppléante, assurait pourtant une forte exposition médiatique à Thibault Guilluy.

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Avocate de métier, Tiphaine Auzière n’a cependant pas renoncé à défendre la politique du président de la République, comme le montre un récent message sur le réseau social Facebook, à propos du maintien d’une classe de maternelle. Ils devraient pouvoir se parler : Daniel Fasquelle, lui, faisait partie des députés LR qui déclaraient publiquement leur choix de voter Macron face à Le Pen, au 2e tour de la Présidentielle. Au contraire de Laurent Wauquiez.

Le cumul, et pourquoi pas ? Daniel Fasquelle n’a jamais été un partisan de la loi interdisant le cumul des mandats exécutifs locaux et nationaux. Cet été, forcé de choisir entre son siège de député et son fauteuil de maire, il a passé la main, au Touquet, à son adjointe Lilyane Lussignol. Il se réserve d’ailleurs la possibilité de revenir aux manettes de la station balnéaire en 2020, s’il devait être frappé, en plus, par l’interdiction de cumuler plus de trois mandats de député d’affilée. Mais l’élu reste persuadé que le cumul député-maire est bénéfique pour la vie politique. « J’ai énormément appris de mes fonctions de maire, cela me sert presque systématiquement lorsque nous débattons ». Patron de LR, il pourrait donc défendre un rétropédalage législatif.

Le « mariage pour tous », c’est non. Daniel Fasquelle a fait partie des trois députés LR symboliquement sanctionnés pour des échauffourées à l’Assemblée, en plein débat sur le mariage pour tous en 2013. Farouche opposant à la loi légalisant le mariage des couples homosexuels, le député a même préparé, fin 2014, une proposition permettant de revenir en arrière. Selon ce texte, qui n’a finalement pas été examiné, les enfants d’un couple homosexuel auraient pu rejeter, à 18 ans, l’adoption par leur père ou leur mère non-biologique, afin de « rétablir une filiation avec leur(s) parent(s) biologique(s) ».

La psychanalyse, ce n’est pas son truc. Spécialiste du droit privé, Daniel Fasquelle s’intéresse aussi de près à l’autisme et aux familles qui y sont confrontées. A deux reprises, en 2012 et en 2016, le député a d’ailleurs tenté de faire adopter un texte écartant la psychanalyse des modes de traitement autorisés de l’autisme.

La résolution présentée fin 2016 au Parlement, proposait ainsi au gouvernement de « fermement condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes, dans la prise en charge de l’autisme ».

Ces mots ont provoqué un vif émoi dans la communauté des psychanalystes, et n’ont obtenu que peu de soutiens à l’Assemblée. Mais la démarche du député était défendue par les principales associations traitant de l’autisme.

Pas un fan de Gérald Darmanin. A l’automne 2016, les Nordistes Daniel Fasquelle et Gérald Darmanin soutenaient le même poulain (Nicolas Sarkozy) aux primaires de la droite et du centre. Un an plus tard, les deux valeurs montantes de la droite nordiste ne sont plus du tout sur la même longueur d’onde, Darmanin ayant rejoint le gouvernement. Pire, en juin dans un courrier au Premier ministre, Daniel Fasquelle demandait officiellement un rappel à l’ordre de Gérald Darmanin, après un échange de SMS tendus.

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Le député du Pas-de-Calais assure avoir porté plainte contre son ancien collègue. La séquence était révélatrice des tensions qui ont divisé leur camp depuis la défaite à la présidentielle.

Daniel Fasquelle a, depuis, lancé son propre mouvement au sein de LR. Son nom : « Sauvons la Droite ».