Calais: Seize blessés légers dans des rixes entre migrants

FAITS DIVERS Quatre bagarres ont opposé des exilés de différentes nationalités à Calais, dans la nuit du 21 au 22 août...

O.A. avec AFP

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CRS en bordure de l'ancienne jungle de Calais
CRS en bordure de l'ancienne jungle de Calais — O. Aballain / 20 Minutes
  • Les rixes entre migrants ne sont pas rares ces dernières semaines à Calais
  • Les conditions de vie difficiles peuvent expliquer ce regain de tensions entre communautés, estime un responsable associatif

La situation des migrants continue à se tendre à Calais. Seize personnes ont été blessées dans la nuit de lundi à mardi, à la suite de bagarres opposant des exilés venant d’Asie centrale et d’Afrique.

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Selon la préfecture du Pas-de-Calais, quatre rixes ont impliqué 150 à 200 personnes au total, entre 23h et 06h du matin. Les affrontements ont eu lieu en quatre endroits différents, localisés près de l’A16 ou de la rocade portuaire. Les bagarres ont opposé de petits groupes d’Afghans et d’Érythréens, certains étant armés de barres de fer ou de bâtons.

Communautés « très solidaires » face aux difficultés

« C’est parti d’une petite dispute avec un migrant alcoolisé, durant une distribution de nourriture », a raconté à l’AFP Sylvain, cofondateur du hangar de distribution de l’association Auberge des migrants. « Puis ça a dégénéré dans toutes les “jungles”, ces petits campements clandestins et éphémères qui se font et se défont depuis quelques semaines », au gré des interventions des forces de l’ordre.

Le responsable associatif relie ces affrontements aux « conditions de vie très difficiles », qui font davantage ressentir « les différences culturelles entre communautés ». « Les migrants fonctionnent par groupes pour s’en sortir et ils sont très solidaires » lorsque l’un d’entre eux est agressé.

Début juillet déjà, une rixe opposant une centaine de migrants africains, des Érythréens face à des Éthiopiens, avait fait 16 blessés dont un grave dans la zone industrielle de Calais.

Conditions de vie dénoncées par de nombreux acteurs

Sylvain regrette en outre que l’État ne fasse pas « ce qu’il est obligé de faire », en référence aux quelques points d’eau récemment mis en place sous contrainte judiciaire.

Les conditions de vie des migrants dans le Calaisis ont été dénoncées de nombreuses fois ces derniers mois par des associations, mais aussi par le Défenseur des droits Jacques Toubon qui, le 14 juin, avait déploré des atteintes aux droits « d’une exceptionnelle et inédite gravité ».

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Une enquête de l’Auberge des migrants publiée lundi a dévoilé que la majorité des migrants de Calais dormaient moins de quatre heures par nuit.

La semaine dernière, les autorités ont commencé à se plier aux injonctions du Conseil d’Etat, qui le 31 juillet avait confirmé l’ordonnance du tribunal administratif de Lille imposant notamment la création de points d’eau et de sanitaires.