Accident de car près d’Arras: Peine réduite en appel pour le camionneur

JUSTICE La cour d’appel de Douai a condamné à deux ans de prison ferme le camionneur responsable d’un choc mortel avec un car scolaire le 14 novembre 2016…

Olivier Aballain

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Les lieux de l'accident entre un car et un camion sur la RN25 dans le Pas-de-Calais
Les lieux de l'accident entre un car et un camion sur la RN25 dans le Pas-de-Calais — D. Charlet / AFP
  • Le chauffeur d'un camion betteravier a été jugé responsable d'un choc frontal mortel avec un car scolaire sur la RN25, dans le Pas-de-Calais.
  • Les juges de la cour d'appel ont toutefois estimé que la présence de dérivés opiacés dans le sang du camionneur ne permettait pas d'établir avec certitude une prise d'héroïne.

La circonstance aggravante de prise d’héroïne n’a pas été retenue. Le conducteur du camion du camion betteravier, qui avait provoqué un accident mortel avec un car scolaire en novembre près d’Arras, a vu sa peine réduite à deux ans de prison ferme, ce mardi, par la cour d’appel de Douai.

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L’homme avait été condamné, le 24 avril 2017, à trois ans et demi de prison ferme, pour avoir provoqué la mort de Francine Lesage, la conductrice d’un car scolaire, le 14 novembre 2016. Douze élèves avaient été blessés dans le choc, frontal, qui s’était produit un lundi matin sur la RN25 entre Doullens et Arras.

Héroïne ou intoxication médicamenteuse

Jugé en comparution immédiate, Grégory Vasseur, le conducteur, était poursuivi pour homicide involontaire aggravé par la prise d’héroïne : des dérivés du produit stupéfiant ont été détectés lors des analyses sanguines pratiquées après l’accident. Or l’accusé avait un passé de toxicomane.

Mais l’avocat de la défense, Me Sébastien Blanchart, assure que son client n’est plus toxicomane, et que la présence de ces dérivés (métabolites) d’héroïne dans le sang peut s’expliquer par la prise des médicaments antidouleur prescrits par son médecin. Or cette hypothèse n’a pas été écartée par les trois expertises réalisées.

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C’est ce point de vue qui a été retenu par les juges d’appel, considérant que la circonstance aggravante de prise d’héroïne n’était pas « caractérisée ». Pour autant, Me Sébastien Blanchart regrette encore que la justice n’ait pas fait droit à sa demande d’ouverture de complément d’information sur une possible intoxication médicamenteuse.

« Mon client se sent évidemment responsable de ce qui s’est passé, précise l’avocat. Mais j’ai le sentiment que si l’on avait réellement cherché à établir la chaîne de responsabilité, il y aurait un médecin qui, aujourd’hui, serait empêché d’exercer. »