Lille: Et maintenant, Aubry veut aussi l'encadrement des loyers commerciaux

COMMERCE La maire de Lille soumet au Premier ministre deux propositions législatives pour aider le commerce de centre-ville…

Olivier Aballain

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La rue Lepelletier à Lille
La rue Lepelletier à Lille — O. Aballain / 20 Minutes
  • Martine Aubry souhaite défendre le commerce de centre-ville avec deux propositions de loi.
  • La maire de Lille fait face à une fronde de certains commerçants depuis quelques mois.

Martine Aubry ne désespère pas de réguler les excès de loyers dans Lille. Après avoir mis en place un encadrement des prix à la location des logements privés, la maire (PS) de Lille s’attaque aux loyers commerciaux.

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La maire a adressé lundi un courrier au Premier ministre, afin de demander des mesures en faveur des commerces indépendants de centre-ville. On y retrouve une série de mesures de « régulation » en soutien à la « diversité de l’offre commerciale ».

Difficultés anciennes

La municipalité lilloise fait face depuis quelques mois à unefronde de certains commerçants du Vieux-Lille et du centre-ville, qui s’estiment notamment lésés par l’entrée en vigueur d’un nouveau plan de circulation. Soutenue par d’autres commerçants, la maire a annoncé un plan d’action en faveur du commerce de centre-ville au courant du mois de juin.

La lettre au premier ministre s’inscrit dans ce cadre. Mais certaines mesures étaient demandées de longue date.

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Déjà, fin 2007, la municipalité avait tenté de préempter une moyenne surface à Wazemmes. Il s’agissait alors de préserver le dynamisme commercial de la rue Gambetta mise à mal notamment, selon la ville, par le développement des agences bancaires. Cependant le tribunal administratif a définitivement refusé à la ville ce droit de préemption sur une transaction commerciale privée.

Une commission pour refuser certaines enseignes ?

Martine Aubry réclame donc au Premier ministre une loi permettant aux villes de définir un périmètre précis dans lequel l’installation d’une enseigne pourrait faire l’objet d’un véto.

Une commission « associant l’Etat, les chambres du commerce et les consommateurs » pourrait ainsi refuser l’implantation « à but essentiellement spéculatif » d’activités tertiaires (banque, assurance), voire de commerces de téléphonie mobile « lorsqu’ils sont déjà très représentés ».

A l’instar des commissions (CDAC) consultées pour l’implantation de grandes surfaces commerciales (de plus de 1.000 m²), le dispositif vise à préserver « la diversité et la densité de l’offre » notamment « dans des rues commerciales stratégiques ».

L’encadrement, comment ça pourrait marcher

L’autre moyen d’action envisagé s’appuie sur l’exemple de la loi ALUR qui a permis l’encadrement des loyers des logements privés, appliqué à Lille depuis le 1er février (±20 % autour du prix médian constaté).

Martine Aubry demande au gouvernement « d’envisager une loi d’encadrement des loyers commerciaux » sur le même modèle. Le préfet définirait des valeurs de références, afin de faire disparaître les loyers excessifs qui mettent en danger la rentabilité des commerces, même pour certaines activités attractives.

A l’appui de sa (double) demande, Martine Aubry cite les difficultés rencontrées par les villes moyennes, où la vacance commerciale (le taux de cellules vides) dépasse parfois les 15 %. A Lille, ce taux progresse, mais restait en 2016 cantonné sous les 10 %, selon la fédération de commerce Procos. Néanmoins Martine Aubry s’inquiète tout de même d’y voir apparaître « les premiers signes d’une mutation de fond y apparaissent ».