Calais : Pour son « plan migrants », l’Etat va se débrouiller tout seul

SOCIÉTÉ La préfecture va mettre en œuvre les mesures ordonnées par le tribunal administratif de Lille…

Mikael Libert

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Distribution de repas aux migrants de Calais (illustration).
Distribution de repas aux migrants de Calais (illustration). — M.Libert/20 Minutes
  • La préfecture va se conformer aux décisions de la justice administrative
  • Pour installer des douches, des réquisitions de locaux envisagées
  • Les premières mesures attendues dès mercredi

Lundi, le Conseil d’Etat a validé la décision du tribunal administratif de Lille sur les différentes mesures à prendre pour venir en aide aux migrants de Calais. Dans un communiqué, publié lundi soir, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a assuré que l’Etat allait « se conformer à cette décision » alors que la maire de Calais a promis qu’elle ne ferait rien.

L’Etat ne peut pas se permettre d’être hors la loi alors que la ville, elle, prend le risque. C’est donc le préfet du Pas-de-Calais, représentant de l’Etat dans le département, qui récupère le bébé de la décision du tribunal administratif de juin dernier qui ordonnait, notamment, la mise en place de point d’eau et de toilettes pour les migrants présents à Calais.

Résistance passive

« Cela s’est fait en concertation avec la ville, assure à 20 Minutes la préfecture. Tout sera fait dans le délai imparti pour nous conformer avec les trois points soulevés par le tribunal ». Et si concertation il y a eu, dans les faits, Natacha Bouchart, maire de Calais, campe sur ses positions : elle ne se pliera pas à la décision de justice. Son premier adjoint, Emmanuel Agius, a confié à 20 Minutes, lundi, que la municipalité ne s’opposerait néanmoins pas à l’action de l’Etat. Une manière de rester cohérente face aux habitants sans s’attirer pour autant les foudres de la justice.

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Et cette action, la préfecture souhaite avant tout qu’elle se passe en douceur : « Nous menons des consultations pour voir s’il est possible de nouer des partenariats, expliquent les services de l’Etat. Mais il n’est toutefois pas exclu de devoir recourir, si besoin, à des réquisitions de locaux. »

Concrètement, sur le point des maraudes pour les mineurs, la préfecture a « signé une convention avecFrance terre d'asile ». le but étant de convaincre les migrants concernés de rejoindre le centre de mise à l’abri situé à Saint-Omer.

Eviter la « réinstallation d’un campement »

Concernant l’installation de points d’eau, de toilettes et de douches, c’est plus flou. « Le préfet mettra en place rapidement le dispositif le plus adapté », déclare Gérard Collomb. Mais il veut aussi faire en sorte que « ces installations ne conduisent pas à la réinstallation d’un campement ». C’est de ce type de « point de fixation » que Natacha Bouchart ne veut absolument pas, que ce soit en centre-ville ou en périphérie.

Alors où, quand, comment ? « Nous devrions être en mesure d’avancer des solutions concrètes dès mercredi », précise la préfecture.