Migrants: Ouverture dans dix jours de deux centres dans les Hauts-de-France

IMMIGRATION Le ministre de l’Intérieur a fait cette annonce, lundi, après une décision du Conseil d’Etat donnant raison aux associations d’aide aux migrants de Calais…

M.L. avec AFP

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Calais, le 11 janvier 2017. Trois mois après le demantelement du camp de refugies de la jungle, les associations ont constate un retour au compte-goutte de migrants.
Calais, le 11 janvier 2017. Trois mois après le demantelement du camp de refugies de la jungle, les associations ont constate un retour au compte-goutte de migrants. — M.Libert/20 Minutes

Lundi, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé que deux centres seront ouverts « dans les dix jours qui viennent » dans les Hauts-de-France pour héberger et examiner la situation des migrants présents actuellement à Calais.

Deux centres et 300 places

« Nous ne voulons pas recommencer les mauvaises expériences du passé et nous ouvrirons deux centres assurant l’hébergement et l’examen des situations de ces personnes », a déclaré le ministre, précisant que les centres se trouveront à Troisvaux (Pas-de-Calais) et Bailleul (Nord). Ils disposeront à eux deux de 300 places.

Gérard Collomb a fait cette annonce lors d’une conférence de presse peu après que le Conseil d’État a validé, contre le souhait du ministère de l’Intérieur et de la ville de Calais, des mesures d’aide aux migrants exposés à des « traitements inhumains et dégradants » à Calais.

« Nous voulons faire en sorte d’offrir à proximité une situation d’hébergement, qui pourra accélérer les situations administratives des personnes prises en charge », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il a «environ 350 à 400 migrants sur Calais ». Des maraudes vont être organisées pour informer les migrants et conduire les volontaires sur les deux sites.

Alors que le Calaisis fait face à un nouvel afflux de candidats à l’exil en Angleterre, dont une centaine de mineurs, le gouvernement redoute la réinstallation de campements sauvages, à l’image de la « Jungle » de Calais, immense bidonville qui avait compté des milliers de migrants jusqu’à son démantèlement fin octobre 2016.

La décision du tribunal administratif de Lille validée

Mais le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative, a donné lundi son feu vert à l’ordonnance du tribunal administratif de Lille qui avait ordonné à l’État et à la commune la mise en place de mesures pour venir en aide aux migrants, comme la création de points d’eau et de sanitaires.

Le président Emmanuel Macron avait assuré jeudi dernier qu’il n’y aurait plus de campement de rue en France « d’ici à la fin de l’année ». Avant lui, le ministre de l’Intérieur avait affirmé que Calais ne devait plus être « un abcès de fixation ».

Un rapport sur le rapport

Le ministre de l’Intérieur a, par ailleurs, a annoncé avoir demandé un rapport après les accusations de l’organisation Human Rights Watch (HRW), qui affirme que la police utilise régulièrement du gaz poivre contre les migrants à Calais (Pas-de-Calais).

« Je rappelle que dans les forces de sécurité, il n’existe pas d’usage du gaz poivre », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, tout en reconnaissant qu'« il peut y avoir quelques dérapages individuellement ». Il a indiqué avoir demandé ce rapport à l’Inspection générale de l’administration (IGA), à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et à l’Inspection générale de la gendarmerie (IGGN).