VIDÉO. Cambrai: Un tank de 1917 rentre au musée de la Bataille de Cambrai

HISTOIRE L’installation de ce char britannique, baptisé « Déborah », aura nécessité l’utilisation d’une grue de 500 tonnes…

Julie Goujon

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Dernier voyage pour le char britannique Deborah. Lancer le diaporama
Dernier voyage pour le char britannique Deborah. — Julie Goujon / 20 Minutes

C’est la fin du périple pour « Deborah ». Mercredi, ce char britannique de 1917 a enfin rejoint la salle qui lui était réservée, au centre d’interprétation historique de la Bataille de Cambrai, à Flesquières. L’opération a nécessité l’utilisation d’une grue de 500 tonnes. Reportage.

Il est 9 heures, mercredi matin, et le char britannique Mark IV baptisé « Deborah » est déjà là, juché sur un camion siglé « convoi exceptionnel ». Ce monstre d’acier de 28 tonnes est impressionnant. Et, quelques mètres plus loin, la grue qui l’attend pour le déposer dans le centre ne l’est pas moins.

Une dernière nuit

Autour de la bête, on rencontre, entre autres, son découvreur, Philippe Gorczynski, des représentants militaires et des habitants, venus en nombre assister au spectacle. « Il a passé sa dernière nuit ici, à l’endroit exact où il a été détruit, en 1917, lors de la bataille de Cambrai », raconte l’un d’entre eux. Des membres de l’association du tank « Deborah » lui ont d’ailleurs tenu compagnie jusqu’au matin.

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Un hommage aux soldats du tank

A 9h30, le camion est prêt à se diriger vers la grue. Doucement, le convoi se met en branle, accompagné par deux porte-drapeaux, deux officiers britanniques et Philippe Gorczynski. Un peu avant, Jenny Dodd s’est recueillie devant le tank. Son grand-père, Frederick William Tipping, faisait partie des cinq tankistes tués lorsque « Deborah » a été touché par un obus. « C’est un jour rempli d’émotion », glisse-t-elle.

Une manœuvre délicate

Chacun a trouvé son poste d’observation : aux abords du chantier, à côté de la grue et même dans le cimetière militaire qui surplombe le musée… Tout autour de la scène, la foule regarde attentivement le tank, suspendu à la grue, descendre lentement dans les entrailles du bâtiment. En fin de matinée, l’opération est terminée.

La fin d’une aventure

Pour Philippe Gorczynski, cette étape est la fin d’un travail de recherche qui lui aura pris près de 20 ans de sa vie. C’est aussi l’aboutissement de ce qu’il nomme sa « mission » : « J’ai aidé à la création du centre sur la Bataille de Cambrai, à découvrir ce char et à le préserver. Ce qui est beau c’est que toute une région lui a rendu hommage. »