Le Grand Stade à qui perd gagne

Olivier Aballain - ©2008 20 minutes

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Norpac-Bouygues peut être déçu. Ecarté vendredi de la conception du Grand Stade au profit d'Eiffage, le constructeur avait pourtant réussi le plus dur : figurer en tête des critères de sélection fixés par l'appel d'offres de LMCU. C'est ce qui ressort d'un premier projet de délibération qu'a pu se procurer 20 minutes.

Le texte, qui date de la semaine précédant le vote, plaçait le dossier Bouygues devant son concurrent, avec un score global de 6,8 contre 6,4 à Eiffage. Sept critères avaient été pris en compte, le coût - point fort de Bouygues - étant de loin le plus important (35 % du score final). Or la délibération précisait bien : « Le candidat ayant remis l'offre classée première (économiquement la plus avantageuse) sera désigné comme attributaire pressenti. » Une semaine plus tard, patatras : sur la même base réglementaire, Eiffage passe 1er, Bouygues 2e. « Normal, c'est le résultat de la sélection opérée par les élus », explique Marc-Philippe Daubresse, premier vice-président de LMCU.

Ce n'est pas l'avis de tous. « Derrière ce choix, il y a des manoeuvres qui ont tout à voir avec l'échéance municipale à venir », estime un conseiller sous couvert de l'anonymat. « C'est pour cela qu'il n'était pas judicieux de voter ce projet avant les élections », renchérit Gérard Caudron, l'ancien maire de Villeneuve d'Ascq. Contacté, Bouygues préfère se taire sur un éventuel recours : « C'est prématuré. » D'autant que l'attribution définitive n'interviendra qu'en juin, et que Bouygues reste en lice en cas d'échec des discussions d'ajustement avec Eiffage.