Lille: La vignette Crit’Air, récemment mise en place, fait des mécontents

POLLUTION L’instauration de la vignette Crit’Air dans la métropole lilloise est loin de faire l’unanimité, notamment parmi les professionnels du bâtiment…

Julie Goujon

— 

Ça a été confirmé : la vignette Crit’Air sera obligatoire pour les automobilistes de la métropole lilloise lors du prochain pic de pollution. L’annonce est loin de faire l’unanimité, notamment auprès de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) du Nord-Pas-de-Calais.

Le secteur du bâtiment pénalisé

La FFB lance l’alerte en estimant que la circulation différenciée aura une incidence économique et sociale néfaste sur le secteur du bâtiment qui, rappelle la FFB, représente 20.000 entreprises et 57.000 emplois dans le Nord.

>> A lire aussi : Au prochain pic de pollution, il faudra avoir sa vignette Crit’Air pour circuler librement à Lille

La fédération soulève deux problèmes. D’abord, il sera difficile pour un artisan ou un entrepreneur du bâtiment d’intervenir sur un chantier, quel qu’il soit, sans véhicule. Ensuite, la majorité d’entre eux ne pourra pas remplacer la flotte de véhicules qui, très souvent, n’est plus aux normes.

« Les véhicules professionnels doivent entrer dans le champ des dérogations le temps, pour les entrepreneurs de trouver les solutions et ressources nécessaires pour financer cette mutation », réclame la fédération.

Halte à la baffothérapie

Le secteur du bâtiment n’est pas le seul à se plaindre de cette norme. Rencontré mardi à Lille lors d’une tournée de sensibilisation à la qualité de l’air, le délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray, déclarait à 20 Minutes être « contre la baffothérapie ».

« On restreint toujours davantage ceux qui n’ont pas les moyens ou qui n’ont pas la même mobilité », protestait-il. Prônant d’autres solutions, il encourage notamment les automobilistes à pratiquer le décalaminage sur leur voiture afin de générer moins de pollution.