Nord: «Je reçois encore des insultes du monde entier», confie Antony Blanchard, militant de la cause animale

INTERVIEW Dans un livre intitulé « Confidences d’un voleur de chien », le militant de la cause animale donne sa version des faits à propos d’une affaire très médiatisée en septembre 2015 : le vol d’un chiot à un SDF…

Propos recueillis par Gilles Durand

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Antony Blanchard, auteur de «Confidences d'un voleur de chiens»
Antony Blanchard, auteur de «Confidences d'un voleur de chiens» — Marion Pécher
  • Antony Blanchard, président d'une association de protection des animaux, publie un livre autobiographique
  • Il avait été médiatisé par une vidéo sur Internet lors d’une affaire de chiot dérobé à un SDF dans des circonstances douteuses
  • Il se confesse sur son activisme militant et sur son enfance

Son existence a basculé à cause d’une vidéo publiée sur Internet. Antony Blanchard, c’est ce protecteur des animaux activiste qui, en septembre 2015, apparaissait à l’image en train de dérober un chiot à un SDF. Deux ans après cet épisode médiatique, le président de Cause Animal Nord sort un livre autoédité et baptisé Confidences d’un voleur de chiens, où l’auteur revient sur sa vie tumultueuse.

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Pourquoi n’avez-vous pas trouvé d’éditeurs pour publier votre livre ?

Je révèle pas mal de choses et les maisons d’éditions ont eu peur d’être poursuivies pour diffamation. Alors j’ai décidé d’éditer moi-même cette autobiographie. Je ne crains pas d’être attaqué car tout ce que je dis est vrai.

Forcément, vous revenez sur l’affaire du vol de chiot qui avait été très médiatisée. Que s’est-il passé après ?

A l’époque, la presse m’a détruit en racontant n’importe quoi. J’ai été convoqué par la police à Paris. J’y suis allé pour m’expliquer et je n’ai pas été inquiété par la suite. Les enquêteurs avaient en leur possession la vidéo complète.

Que montrait cette vidéo ?

Elle montrait l’avant et l’après de ce qui a été diffusé sur Internet. Il y avait un contexte dans notre intervention pour délivrer ce chiot de son maître. J’explique dans le détail et avec des preuves que nous avons bien fait d’agir de la sorte.

Cette vidéo continue pourtant de tourner…

Oui. Et je reçois encore des insultes du monde entier. Il y a deux jours, ça venait de Chine. Les gens parlent sans savoir. C’est très difficile pour moi. C’est pourquoi je voulais rétablir la vérité en publiant ce livre.

En parallèle, vous avez eu d’autres déboires avec des maires…

C’est vrai. On nous reprochait l’ouverture de refuge pour animaux. On a d’abord perdu contre la mairie de Sainghin-en-Mélantois mais dans des circonstances très floues. Notre association avait établi un bail avec une personne qui louait un terrain appartenant, en fait, à la mairie. Ensuite, nous avons tenté d’ouvrir un autre refuge à Templeuve. Mais le maire s’est également opposé au projet estimant que cela créait des nuisances. Alors qu’il existait déjà un terrain avec des lamas, des poules… Et qu’un bail avait été rédigé par notre avocate.

Comment vous expliquez cet acharnement contre vous ?

Juste avant que le maire de Sainghin ne cherche à nous expulser, nous avions pris position contre les combats de coqs, notamment à Gondecourt. La solidarité entre maires a joué d’autant qu’à Sainghin, un élu est lui-même coqueleux.

Ce livre retrace aussi votre vie personnelle…

Oui. Ce fut compliqué de remuer le passé. J’évoque une enfance difficile, une mère possessive, un père volage, mon homosexualité, ma passion pour les animaux découverte très tôt, mais aussi la drogue. J’ai une vie atypique. Je viens d’un milieu aisé. J’ai fait du mannequinat, j’ai été Mister Somme et Picardie et athlète de haut niveau en équitation.

Et aujourd’hui, à 43 ans ?

Je suis parti vivre à Dunkerque pour des raisons personnelles. Avec le tapage médiatique qui a entouré l’affaire du chiot volé, les dons à Cause Animale Nord que je préside ont beaucoup diminué. Mais 100 % des bénéfices du livre reviennent à cette association qui s’occupe encore de prendre en charge des chats errants, des chiens maltraités et tous types d’animaux. Par exemple, nous récupérons, fin juillet, quinze chiens qui viennent de la Réunion, où ils sont particulièrement brutalisés.

* 15 euros. Autoédition : Ecriremavie.fr. En vente sur le site www.cause-animal-nord.fr